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L'ORIGINE DU PEUPLE BERBERE ET DE SA LANGUE

LA PREMIERE LANGUE: LE BERBERE ? 

La langue de ce groupement de base, parlée depuis les premiers balbutiements de ces peuples primitifs et grégaires, encore en usage actuellement chez les habitants des oasis égyptiennes et saha­riennes, chez les Kabyles de l'Algérie, chez les montagnards du Maroc et chez les insulaires des îles Canaries, est la langue berbère. Il est indéniable que les plus anciens documents d'expression du langage, retrouvés dans le Nord de l'Afrique, qu'ils soient idéographiques comme les hiéro­glyphes, ou consonantiques comme les « Tifinar », expriment des mots berbères.  Citons en exemple certains hiéroglyphes, exprimant des mots berbères. compris de nos jours:  

 Ce mot signifie boire : il se prononce «swi», du verbe berbère «swa » de même signification.  

Ce mot signifie femme et se prononce "ta metouTe", mot berbêre actuel pour désigner la femme. <extraits de la Grammaire élémentaire de Moyenne Egypte, par le Dr  A. Du Buck>.

LA PREMIERE ECRITURE: LE TIFINAR?

De même, les tifinar expriment des mots berbères. M. Henri Lhote, dans son livre Les Touaregs du Hoggar, pariant des inscriptions de ti-finar, s'exprime en ces termes: Les plus anciennes comprennent des signes qui ne sont plus  en usage et sont incompréhensibles pour les Touaregs. Elles commencent ordinairement par trois ou quatre points en ligne, suivis d'un rond, lequel est suivi de trois traits parallèles tracés longitudinalement par rapport au sens de l'inscription :

 Elles Nont localisées au "Tassili; au Ahaggar. dans l’Adrar des Iforas...

Il poursuit un peu plus loin : Les inscriptions d'époque moyenne ou intermédiaires comprennent des signes initiaux qui sont ordinairement un trait suivi de trois points en triangle: 

  et dont la signification est encore com­prise des Touaregs. Ils veulent dire: "nek" ou 'ouannek’; c'est-dire ‘ moi’…, il ajoute un peu plus loin: Les plus récentes inscriptions sont matérialisées par le début:    ;  forme évoluée de:       

et qui a la même signification, suivi ordinairement d’un nom propre et de caractères:

 "tenet"' = ayant dit, la dis - et exprimant ultérieurement une pensée ou un vœu. Il  paraît donc hors de doute que les ‘ti­finar’ sont bien un des moyens d'expression de la langue berbère et qu'ils doivent être vraisemblablement les premiers caractères humains exprimant par écrit la pensée de l'homme. Ces caractères très rudimentaires, sont tellement élémentaires et archaïques qu'ils ne peuvent dériver d'aucune autre forme d'écriture. Ils sont représentés par des signes géo­métriques : 

 qui ne rappellent aucun alphabet connu. Ils accompagnent bien souvent les gravures rupestres des temps les plus reculés. Ils se retrouvent, de nos jours, dans les poteries berbères et dans les tatouages. (Soulignons que le tatouage est une pratique spécifiquement berbère). Ces ti-finar, formés au cours des premiers âges de l'humanité consciente, datent certainement des mêmes époques que celles de la formation des hiéroglyphes que nous pouvons considérer comme les moyens d'expression pictographiques et idéographiques antérieurs à tous les autres.

Les plus anciens hiéroglyphes semblent remonter à quatre mille ans avant l'ère chrétienne, alors que l'écriture chinoise n'apparaît que vers trois mille ans avant Jésus-Christ et que les écritures pictographiques des Amériques (Mayas et Aztèques) datent du VIII siècle avant Jésus-Christ.

Les ti-finar apparaissent, associés aux hiéroglyphes dans des inscriptions de monuments et de statues égyptiennes les plus anciennes. Le plus suggestif à ce sujet est un groupe statuaire en schiste, découvert à Gizeh, actuellement au Musée du Caire, présentant le Mycerinus (IV eme dynastie) entre la déesse Hathor et la personnification du 17 eme nome de Haute Egypte (photo Oropeza) parue dans l'Histoire de l'Egypte ancienne par Jacques Pirenne.

Le texte gravé à la partie inférieure de cette statuette est constitué de signes hiéroglyphiques et de caractères, res­semblant aux ti-linar :  

 Il est donc permis de penser que ces premiers signes géométriques que sont les ti-finar ont servi de prototypes dans la formation ultérieure des alphabets qui se sont succédés (Egéens, Akkadien, Summérien, Phéniciens, Grec).

M. Marcel Cohen, Directeur d'Etudes à l'école des Hautes Etudes, dans son livre L'écriture, parlant de l'écriture idéogra­phique et syllabique en Mésopotamie, écrit: Il n'est pas sûr que cette écriture soit née sur place ; elle a pu être apportée d'ailleurs, soit dans une migration, soit par emprunt à une civilisation encore antérieure et externe à la Mésopotamie. Cet apport extérieur ne pouvait être que berbère, car il ajoute un peu plus loin: On a retrouvé à Syblos plusieurs stèles et plaques de métal avec des inscriptions on caractères hiéroglyphiques rangés on lignes horizontales d'après les données archéologiques, elles pourraient remonter au moins au deuxième millénaire avant Jésus-Christ.

Le même auteur, dans le même livre, parlant de l'écriture hiéroglyphique et syllabique du bassin oriental de la Méditerranée et régions voisines, écrit: Dans le bassin oriental de la Méditerranée se sont développés des centres de civilisation restreinte. sensiblement contemporaine des centres égyptiens et mésopotamiens et au moins aussi avancés. La navigation et le commerce maritime ont dû y développer tôt les besoins d'écriture pour les messages, comptes et contrats.

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