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De même, les tifinar expriment des mots berbères.
M. Henri Lhote, dans son livre Les Touaregs du Hoggar, pariant
des inscriptions de ti-finar, s'exprime en ces termes: Les
plus anciennes comprennent des signes qui ne sont plus en
usage et sont incompréhensibles pour les Touaregs. Elles commencent
ordinairement par trois ou quatre points en ligne, suivis d'un
rond, lequel est suivi de trois traits parallèles tracés longitudinalement
par rapport au sens de l'inscription :
Elles Nont localisées au "Tassili; au
Ahaggar. dans l’Adrar des Iforas...
Il poursuit
un peu plus loin : Les inscriptions d'époque moyenne ou intermédiaires
comprennent des signes initiaux qui sont ordinairement un trait
suivi de trois points en triangle:
et dont la signification est encore comprise des Touaregs. Ils
veulent dire: "nek" ou 'ouannek’; c'est-dire ‘ moi’…,
il ajoute un peu plus loin: Les plus récentes inscriptions sont matérialisées
par le début:
; forme évoluée de:
et qui a la même signification, suivi ordinairement
d’un nom propre et de caractères:
"tenet"' = ayant dit, la dis - et exprimant
ultérieurement une pensée ou un vœu. Il paraît donc hors de doute
que les ‘tifinar’ sont bien un des moyens d'expression de la
langue berbère et qu'ils doivent être vraisemblablement les premiers
caractères humains exprimant par écrit la pensée de
l'homme. Ces caractères très rudimentaires, sont tellement élémentaires
et archaïques qu'ils ne peuvent dériver d'aucune autre forme d'écriture.
Ils sont représentés par des signes géométriques :
qui ne rappellent aucun alphabet connu. Ils
accompagnent bien souvent les
gravures rupestres des temps les plus
reculés. Ils se retrouvent, de nos jours, dans les poteries berbères
et dans les tatouages. (Soulignons que le tatouage est une pratique spécifiquement
berbère). Ces ti-finar, formés au cours des premiers âges de
l'humanité consciente, datent certainement des mêmes époques que
celles de la formation des
hiéroglyphes que nous pouvons considérer
comme les moyens d'expression pictographiques et idéographiques antérieurs
à tous les autres.
Les plus anciens hiéroglyphes semblent
remonter à quatre mille ans avant l'ère chrétienne, alors que l'écriture
chinoise n'apparaît que vers trois mille ans avant Jésus-Christ et que
les écritures pictographiques des Amériques (Mayas et Aztèques)
datent du VIII siècle avant Jésus-Christ.
Les
ti-finar apparaissent, associés aux hiéroglyphes
dans des inscriptions de monuments et de statues égyptiennes les
plus anciennes. Le plus suggestif à ce sujet est un groupe statuaire en
schiste, découvert à Gizeh, actuellement au Musée du Caire, présentant
le Mycerinus (IV eme dynastie) entre la déesse Hathor et la
personnification du 17 eme nome de Haute Egypte (photo Oropeza) parue
dans l'Histoire de l'Egypte ancienne par Jacques Pirenne.
Le texte gravé à la partie inférieure de cette
statuette est constitué de signes hiéroglyphiques et de caractères,
ressemblant aux ti-linar :
Il est donc permis de penser
que ces premiers signes géométriques que sont les ti-finar ont servi
de prototypes dans la formation ultérieure des alphabets qui se sont
succédés (Egéens, Akkadien, Summérien, Phéniciens, Grec).
M. Marcel Cohen, Directeur d'Etudes
à l'école des Hautes Etudes, dans son livre L'écriture, parlant
de l'écriture idéographique et syllabique en Mésopotamie, écrit:
Il n'est pas sûr que cette écriture soit née sur place
; elle a pu être apportée d'ailleurs, soit dans une migration,
soit par emprunt à une civilisation encore antérieure et externe
à la Mésopotamie. Cet apport extérieur ne pouvait être que
berbère, car il ajoute un peu plus loin: On a retrouvé à Syblos plusieurs stèles et plaques de métal avec des inscriptions
on caractères hiéroglyphiques rangés on lignes horizontales d'après
les données archéologiques, elles pourraient remonter au moins
au deuxième millénaire avant Jésus-Christ.
Le même
auteur, dans le même livre, parlant de l'écriture hiéroglyphique et
syllabique du bassin oriental de la Méditerranée et régions voisines,
écrit: Dans le bassin oriental de la Méditerranée se sont développés
des centres de civilisation restreinte. sensiblement contemporaine des
centres égyptiens et mésopotamiens et au moins aussi avancés. La
navigation et le commerce maritime ont dû y développer tôt les
besoins d'écriture pour les messages, comptes et contrats.
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