Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :
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Année 1949 : Ferhat Ali, vieux militant de l'ENA, ancien opposant à Messali, militant du PPA/MTLD à Tizi-Rached et ami de Laimèche et des étudiants berbéro-nationalistes est atteint d'une balle de pistolet, tirée par Krim Belkacem accompagné de Hanafi Fernane et de Akli Djeffel, restés solidaires de la direction du Parti, après la crise de la Fédération de France. Ferhat "refuse, selon Aït-Ahmed, de se soumettre au diktat des chefs écartant l'ancienne équipe dirigeante en Kabylie". Peut-on voir ici une tentative de récupération de la Fédération de la Kabylie tenue par les berbéro-nationalistes, après celle de la Fédération de France?C'est l'avis des victimes. Le lendemain, l"'Echo d'Alger", quotidien colonialiste, profitant de l'incident, publie un article sous le titre "Des membres dissidents du PPA veulent créer le P.P.Kabyle...", déclaration présumée de Ferhat Ali.
Année 1949 : De prison, Ouali Bennai, voulant connaître la façon dont se déroulaient les événements politiques, envoie une lettre à Said Ali Yahia, que Maître Abderrahmane Kiouane, avocat du parti, devait lui remettre. Il lui demande: "que devient le M.R.B ?". Cette lettre, lue et photographiée par la direction du Parti, est distribuée à toutes les kasmates du PPA/MTLD. Elle est, pour la direction, une preuve irréfutable de la présence d'une organisation secrète, dite "Mouvement révolutionnaire berbère "mise sur pied par Bennai". Elle déclenche en fait une campagne anti-berbère. Elle sert à condamner le berbérisme avec une ardeur et un acharnement jamais connus.
Des délégués itinérants sont envoyés par la Direction du (PPA/MTLD) à toutes les kasmates d'Algérie. Leur mission est de faire condamner le "berbérisme". Leur preuve, la lettre envoyée de prison par Bennai. Les moyens: tous les moyens d'explication et de condamnation, y compris insultes et intimidations. Pour l'envoyé à Tiaret, les "berbéristes" "étaient des alliés objectifs du colonialisme". A Alger et notamment à Belcourt, des bagarres et des matraquages entre les arabo-islamistes et les berbéro-nationalistes ont éclaté. Ces incidents n'ont pas touché seulement les berbéro¬nationalistes mais aussi les militants arabophones qui soutenaient le concept de l'Algérie algérienne et qui sont en majorité originaires de l'Oranie.
Belaid Ait Medri, agent de liaison de Kabylie est remplacé par Fernane Hanafi
Année 1949 : Le Comité Central du MTLD convoque Messaoud Oulara à Alger pour discuter du problème "berbériste". Il est accompagné de Laifa Ait Waban et Salem Ait Mohand. Ils sont reçus par Mustapha Ferroukhi, Rabah Bitat, Ahmed Bouda et Hocine Lahouel (secrétaire général du MTLD). Ce dernier accuse "à tort et à travers les ennemis du pays, sans les nommer, les agitateurs et les malhonnêtes". Messaoud Oulamara répond que Messali s'avère "le principal responsable de la pagaille" que vit le Parti.
Année 1952 : La France propose au Mouvement nationaliste arabe marocain de suivre la politique de l’interdépendance, de créer une administration et des conseils communs et d’ouvrir des négociations sur la base des dispositions du traité de Fès.
Année 1953 : Distribution d’un manifeste signé par une vingtaine de notables, Marocains Pro-français, accusant « le Sultan de conduire le pays vers le chaos » et de s’allier à "des partis politiques illégitimes". Ils parlent ici des deux partis issus du mouvement nationaliste arabe marocain.
Année 1953 : Le ministre français des Affaires étrangères, Georges Bidault, adresse un message au Général Guillaume pour lui demander de « calmer le chef berbère El Glaoui ».
Année 1953 : Le PPA/MTLD, par le biais de son organe de presse "L'Algérie libre", dénonce la pièce de théâtre de Abdellah Nakil intitulée "El-Kahina". La pièce mise en scène le 27 novembre 1953 par Mustapha Kateb, retrace l'histoire de l’invasion arabe et la résistance des Berbères sous la conduite de Kahina, reine des Aurès.
Année 1954 : Une association culturelle dénommée 'Tiwizi I Tmazight" (entraide pour tamazight) est fondée à Paris Par un groupe de militants berbéro-nationalistes dont Ali Boudaoud, Hocine Heroui, Mohand Amokrane Haddag, Mohand Amokrane Khelifati... Son objectif est le développement de la langue berbère. Une revue qui porte le même nom est éditée par l'association. Mohand Idir Ait Amrane leur rend hommage par un poème en kabyle intitulé "A kra wer neggan udan".
Cette association se dissout d'elle-même après le déclenchement du ler Novembre 1954 et ses membres rejoindront en bloc le Front de Libération Nationale.
Année 1954 : Lors des discussions sur la constitution du FLN, Mourad Didouche propose de diviser la Kabylie en deux. L'une sera rattachée à l'algérois et l'autre au Constantinois. Belkacem Krim s'oppose et obtient l'aval au cours d'une réunion avec Mohammed Boudiaf et Mostefa Ben Boulaid.
Les séquelles de la crise dite "berbériste" de 1949 sont toujours présentes dans l'esprit des militants nationalistes.
Année 1955 : Signature à Paris au ministère des affaires étrangères de la déclaration de l’indépendance du maroc. Les signataires : Mr BEKKAY et Mr PINOU. 43 ans avant il y avait la signature du protectorat le 30-03-1912.