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Histoire d'Afrique du Nord revisitée

Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :
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Année 1974 : La fête des cerises à Larbaa Nait Irathen se termine très mal puisque la police et les gendarmes n'ayant pas suffi à contenir les manifestants, on fera appel à l'armée pour les réprimer durement. La foule était mécontente en raison du remplacement de plusieurs chanteurs kabyles par des improvisations de chanteurs en arabe. Cette même fête des cerises sera d'ailleurs interdite l'année suivante

 

 
Année 1974 : Allal El Fassi, le panarabe et l’ennemi numero un de l’identité Amazighe en Afrique du Nord et au Maroc en particulier, est mort le 19 mai 1974 à Bucarest, en Roumanie. Alors que les vrais resitants à la colonnialisation française et espagnole au Maroc sont mort aux champs de bataille par les chars des alliés, comme Moha Ou Hammou Azzayyi, Abdelkarim khettabi, Maa El Ainayn et autres…

 

 
Année 1975 : Abdesslam Yassine fonde son association "Adl Walihssane" justice et bienfaisance, ce nouveau chef spirituel a la particularité d'être loin du wahhabisme saoudien et d'être d'origine la zawiya : un islamise d'origine marocain.

 

 
Année 1975 : Un rapport gouvernemental algérien concluait que l'arabisation s'avérait un échec; après 20 ans d'efforts, seuls les ministères de la Défense, de l'Éducation et de la Justice étaient arabisés.

 

 
Année 1975 : repressions, arrestations et tortures des Berbéristes par le régime de Boumedienne

 

 
Année 1975 : Visite de Valéry Giscard d’Estaing à Alger, en avril, la première d’un président français depuis l’indépendance.

 

 
Année 1976 : "Journée du savoir" - Yaoum El-Ilm. Journée commémorative de la mort en 1940 du cheikh Abdel-hamid Ben-Badis président de l’Association des Oulémas Algériens. Le chef de l’État dans une ordonnance, publiée au JORA le 23 avril 1976, définit l’organisation de l’éducation et de la formation. Après avoir défini la mission du système éducatif qui s’inscrit dans le cadre "des valeurs arabo-islamiques et de la conscience socialiste", l’enseignement est assuré en langue nationale à tous les niveaux d’éducation et de formation et dans toutes les disciplines. La mission de l’école fondamentale est de dispenser aux élèves "un enseignement de langue arabe leur permettant une maîtrise totale de l’expression écrite et orale ; cet enseignement, qui est un facteur important de développement de leur personnalité, doit les doter d’un instrument de travail et d’échange pour se pénétrer des différentes disciplines et pour communiquer avec leur milieu".
L’arabisation porte aussi sur l’enseignement préparatoire qui est dispensé "exclusivement en langue arabe". Cette ordonnance met fin d’une manière très claire aux espoirs et aux attentes des berbéristes et des berbérophones. Tamazight est ainsi mise à l’écart et exclue de l’école. Le choix de l’État algérien est désormais fait. L’arabisation est décrétée.
Cette décision des plus hautes instances de l’État engendre un mépris jamais égalé dans les milieux berbérophones et surtout en Kabylie. La revendication se radicalise. Les contestations s’enveniment après la promulgation de la Constitution et de la Charte nationale qui renforcent l’arabisation et la définition de l’Algérie comme nation arabo-islamique. La répression s’abattra aussi sur les berbéristes.
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1976 : Lors des débats sur la Charte nationale les étudiants militants berbéristes diffusent un document de 50 pages. A ces débats, les jeunes militants berbéristes ont pris part en masse. Sept cent vingt (720) prises de parole sont semble-t-il décomptées dans Alger. Ainsi la revendication culturelle et identitaire berbère connaît une ampleur importante. Elle se pose désormais dans des débats publics. Malgré cette "tolérance" le pouvoir utilise la répression.
Après une intervention dans une salle de cinéma à Alger, l’étudiant et chanteur kabyle Ferhat Mehenni est arrêté pour la première fois par la Sécurité militaire. Ces interventions ont sans doute permis aux services de sécurité de mettre à jour leurs fichiers concernant les berbéristes et opposants à la politique culturelle du pouvoir.

 

 
Année 1976 : Tout en dénonçant l’étouffement de la culture algérienne, l’uniformisation, le totalitarisme culturel, le PRS (Parti de la Révolution Socialiste), pour qui la langue arabe doit être la langue nationale, critique sévèrement le pouvoir algérien qui reste silencieux sur la question berbère dans les textes de la Charte nationale de 1976. "Sur la question berbère, la Charte ne dit pas un mot. Voila donc un texte qui se présente comme national et qui évacue complètement un problème auquel sont sensibles des millions d’Algériens. (...) Or la langue berbère existe. C’est la langue maternelle d’une partie des Algériens. Elle doit être reconnue, préservée et développée comme partie intégrante de notre patrimoine national. Son enrichissement, son passage à la forme écrite, son enseignement, sa diffusion doivent être garantis.". Ainsi le PRS, avec à sa tête Mohamed Boudiaf, est le premier parti politique algérien à se prononcer en faveur de la question berbère.
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1976 : Pour avoir tiré des textes littéraires en Tifinagh sur ronéo et aussi pour avoir été abonnés au bulletin de l’Académie berbère (Agraw imazighen) de Paris, deux cents (200) jeunes de la région de Larbaa Nath Irathen sont arrêtés et emprisonnés. Ils seront, pour quelques-uns, condamnés jusqu’à 18 et 24 mois de prison. Afin de porter le coup de grâce à l’édition berbère en Algérie, le Fichier de Documentation Berbère (F.D.B) tenu depuis 1946 par le Père Jean Marie Dallet est mis sous scellés par le pouvoir de Boumediene. Ce Fichier est considéré comme source exceptionnelle de documents concernant l’étude de l’histoire, de l’ethnographie, de la littérature, de la linguistique des communautés berbérophones de Kabylie, du Mzab et de Ouargla. Ce fichier était au début un périodique mensuel, puis bimestriel, pour devenir à partir de 1955 trimestriel. On y trouve des monographies de villages de Kabylie, des études sur l’Islam, les croyances et superstitions, la sagesse populaire, la vie quotidienne, la zoologie, la botanique et la culture matérielle..

 

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