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Histoire d'Afrique du Nord revisitée

Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :
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Année 1981 : Les élèves qui ont passé leur bac au Maroc, ont eu droit à un manuel d’éducation islamique littéralement dédié à la croisade de l’Etat contre les mouvements de gauche. Le texte, qui ressemble plus tôt à un tract politique qu’à un outil d’apprentissage et de formation scolaire, renvoie dos à dos le capitalisme, le communisme, le sionisme et la laïcité, présentés comme autant d’idéologies hostiles à l’islam. On peut lire que “le communisme doit être combattu car il appelle à la révolution et au désordre, crée des guerres et des tensions, sème la haine et diffuse l’athéisme : c’est le parent du colonialisme et l’allié du sionisme”. Sur plus de 12 pages, les auteurs expliquent comment les idées marxistes, très en vogue à l’époque, “s’opposent à l’islam et rabaissent l’être humain au niveau des animaux en l’éloignant de toute spiritualité”. La séparation entre la sphère politique et la sphère religieuse est présentée comme un facteur d’athéisme et une doctrine foncièrement antinomique avec l’esprit de l’islam.

 

 
Année 1981 : Dans le manuel scolaire marocain du terminal édition 1981, on trouve une matière à enseigner aux futurs universitaires comme “Pour assurer la stabilité dans un foyer et le prémunir contre le désordre et les conflits, Dieu a confié la gestion de la famille aux hommes. Car une seule personne doit commander et il faut choisir donc le plus fort et le plus capable de subvenir aux besoins de la famille”. On trouve aussi dans un autre manuel du terminal un extrait du livre “L'islam, religion de la nature et de la liberté” de Abdelaziz Jawich “J'ai rencontré un Espagnol à Londres, et on a évoqué des questions liées à la religion musulmane, dont la polygamie. Cet Espagnol m'a avoué qu'il aurait aimé être musulman pour pouvoir épouser une deuxième femme. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a répondu que sa femme est devenue folle et qu'elle se soigne dans une clinique psychiatrique, ce qui l'oblige, lui, d'avoir des relations avec d'autres femmes, mais en dehors du mariage, car il ne peut pas prendre une seconde épouse”. Il y a lieu en tout cas de s’opposer la question si c’est manuels sont destinés vraiment aux futurs universitaires ou aux futurs fondamentalistes islamistes ?

 

 
Année 1982 : La communauté universitaire de Tizi-Ouzou appelle, dans un tract, à la commémoration de la journée du 20 avril 1980 journée anti-répression pour "dire ensemble nous n’avons pas oublié" (...) que le 20 avril 1980, le gouvernement a lâché ses chiens sur les étudiants et les travailleurs de la région pour toute réponse à la revendication culturelle pacifique". Il est dénoncé, à travers ce tract, la répression qui conti­nue sous d’autres formes, menée par le pouvoir contre la revendication de tamazight et de la liberté d’expression, licenciements, les mutations arbitraires et les exclusions de lycéens sympathisants du Mouvement. La communauté universitaire de Tizi-Ouzou se solidarise avec toutes les victimes de la répression pour délit d’opinion et revendique la reconnaissance des langue populaires algériennes comme langues nationales (le berbère et l’arabe populaire) et le respect des libertés démocratiques. Par ailleurs, une semaine culturelle et de solidarité avec les détenus du Mouvement culturel berbère est programmée du 17 au 24 avril 1982. Une table ronde est prévue sur l’histoire du mouvement nationaliste algérien avec les colonels Amar Ouamrane, Slimane Dehiles dit Sadek, Tahar Zbiri et les avocats du collectif. Est prévu aussi le baptême des cités universitaires de M’douha (jeunes filles) et Hasnaoua pour leur attribuer les noms de Taos Amrouche et Belkacem Krim. Ferhat Mehenni, Malika Domrane, le groupe Ichen­wiyen du Chenoua et d’autres doivent animer un gala. Le même jour les responsables de l’université interdisent l’affichage et la tenue d’assemblées générales.

 

 
Année 1982 : Le préfet de Tizi-Ouzou prend contact avec les comités de cité pour discuter des évérements qui viennent de se dérouler. Il leur signifie que "les baptêmes constituent des actes de rébellion qui appelleraient l’intervention des forces de l’ordre "quitte à reproduire le 20 avril 1980"

 

 
Année 1982 : Par un communiqué signé par le conseil de université (CUTO) et le conseil de la direction du COUS et sur décision ministérielle, les étudiants sont informés de la fermeture de "l’ensemble des infrastructures universitaires à partir du samedi 17 avril 1982 et les infrastructures d’hébergement le 16 avril 1982 à 18h et ce jusqu’à une date ultérieure.

 

 
Année 1982 : Les gendarmes occupent le centre universitaire de Tizi-Ouzou

 

 
Année 1982 : Les lycéens de la région de Tizi-Ouzou déclenchent une grève spontanée. Elle est suivie par la fermeture de leurs lycées. Un arrêt de travail de protestation d’une durée de deux heures est observé par les travailleurs de l’usine Sonelec de Oued-Aïssi. Les actes de protestation des lycéens sont considérés par le Secrétaire État à l’Enseignement secondaire et tech­nique dans une circulaire du 3 mai 1982, adressée aux directeurs de l’Education, chefs d’établissements, inspecteurs et enseignants de son secteur et aux associations des parents d’élèves, comme "des tentatives d’agitation" conduites par des "aventuriers" dans le but d’utiliser les élèves à des "fins contraires à l’intérêt de la révolution, en semant le doute, la confusion". Il y rappelle le rôle de l’éducateur dont la mis­sion est d’orienter l’élève dans la voie qui le préservera de tout extrémisme et déviation, conformément aux principes du FLN et aux options fondamentales de notre peuple". L’école doit être, selon le Secrétaire État, une pépinière active du Parti, le FLN. Il invite les directeurs de l’éducation et les chefs d’établissements à informer les services de son secteur de toute perturbation.

 

 
Année 1982 : Un magister de culture populaire est créé par arrêté et implanté au sein des instituts de langue et de culture arabes d’Alger, d’Oran, de Constantine, et d’Annaba.

 

 
Année 1982 : Après les événements du 19 mai 1981, provoqués par une agression d’islamo-bâathistes contre des étudiants et travailleurs berbéristes et démocrates, et qui a vu les islamistes prendre le dessus, l’embrigadement des universités et des cités universitaires par les islamistes et les bâathistes commence avec la bénédiction du pouvoir. Les étudiants berbéristes essayent de réoccuper le terrain. C’est ainsi qu’un groupe d’étudiants de la cité universitaire de Ben-Aknoun dont faisait partie Kamel Amzal, étudiant à l’institut des langues étrangères de l’Université d’Alger et militant berbériste, et après des réunions restreintes, décide d’afficher dans le foyer de la cité un appel à une assemblée générale. A ce moment interviennent des islamo-bâathistes qui déclenchent un affrontement. Il se solde par l’assassinat de Kamel Amzal qui tenait une affiche, avec une arme blanche, par les intégristes islamistes.

 

 
Année 1982 : fermeture du centre universitaire de Tizi-Ouzou pour une durée indéterminée.

 

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