Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :
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Année 1983 : "Au nom de dieu, la langue des grandes mères et les histoires des vieillards, il faut le Berbère disparaisse, c’est une langue ancienne» Discours de Mamer Qadhafi.
Année 1983 : Slimane Azem, poète et chanteur kabyle, meurt en exil à Moissac (Tam et Garonne) en France à l’âge de 65 ans, suite à une maladie.
Année 1983 : Salem Chaker, chercheur et militant berbèriste vivant en France est interpellé à son arrivée, de retour au pays, à l’aéroport d’Alger. Il est convoqué et interrogé par la police. Il regagne, le 27 février 1983 la France après plusieurs tracasseries, moyen trouvé par le pouvoir pour intimider les militants berbéristes.
C’est durant cette période que le Président Chadli entame une visite en Kabylie. Elle est boycottée par la population et même par les lycéens de Tizi-Ouzou mobilisés spécialement pour recevoir le Président, montrant ainsi leur mécontentement et leur refus de la politique du pouvoir.
Année 1983 : Commémoration du troisième anniversaire de la journée du 20 avril. Des conférences, projections de films, galas et présentation de pièces de théâtre sont au programme.
Une conférence axée essentiellement sur le mouvement national algérien et la question berbère est présentée par Maître Mabrouk Belhocine, ancien militant du PPA et du FLN.
Des grèves symboliques et des recueillements sont, par ailleurs, observés par les lycéens, étudiants et travailleurs de la région.
Année 1983 : Un texte signé par 31 militants du Mouvement Culturel Berbère est envoyé au Président de la République pour réaffirmer que leurs revendications (reconnaissance officielle des langues populaires, tamazight et arabe algérien, Libertés démocratiques), restent entières.
Saïd Sadi publie un roman en berbère intitulé "Askuti" (le boy scout). Il raconte l’histoire d’un jeune lycéen qui a rejoint le maquis en 1956 et qui se retrouve tortionnaire après l’indépendance, dans les locaux de la police, jusqu’en 1980
Année 1983 : Visite du président Chadli à Paris, en novembre, la première d’un chef d’Etat algérien depuis l’indépendance.
Année 1983 : Des manuels scolaires d'histoire au Maroc fond l’éloge du Salafisme, et expliquent que la décadence du monde musulman est due à son éloignement “de l’islam vrai et authentique”. Le fondamentalisme est par conséquent présenté comme la solution face à la déchéance et la dégénérescence du monde musulman. Les noms des grands fondamentalistes comme Al Afghani, Mohamed Abdou, Abou Chouaïb Doukkali, sont évoqués pour illustrer cette idée. Ainsi, le wahhabisme est décliné comme un mouvement religieux qui joue “un rôle efficace dans le retour d’un âge d’or musulman, en guidant la nation de l’islam sur la même voie empruntée par nos pieux ancêtres”. Exactement le même raisonnement soutenu, aujourd’hui, par les plus fanatiques parmi les islamistes du monde arabo-musulman. La morale de l’histoire ? “ L’identité Amazighe qui est le socle des hommes libres « Imazighen » est remplacée par l’idée d’appartenance à un groupe religieux : les fils d’Allah.
Année 1984 : La communauté universitaire de Tizi-Ouzou rend public un tract pour la célébration du 4e anniversaire du Printemps berbère. Dans ce document, les berbéristes mettent l’accent sur leur décision de prendre dorénavant en charge eux-mêmes les problèmes et les revendications. Ils proposent :
"(La) généralisation de l’enseignement de tamazight aux universités, lycées, entreprises, villages... ;
(1’) organisation des comités (de villages, de cités, de quartiers, d’usines... ) pour solutionner les problèmes sociaux et développer des activités culturelles et renforcer la solidarité populaire ;
(la) lutte contre les courants passéistes (maraboutisme, intégrisme) qui bloquent le progrès de (la) société ;
(le) soutien aux luttes populaires qui visent à réaliser plus de liberté et de justice sociale (lutte des femmes, ouvriers, étudiants, paysans...)".
Année 1984 : Un groupe de fils de chouhada militants du Mouvement culturel berbère adresse au wali de Tizi-Ouzou une demande d’agrément d’une association à but non lucratif dénommée "Tighri". Cette association s’est fixé pour objectifs, entre autres, "la contribution à l’écriture et la vulgarisation de l’histoire du mouvement de libération nationale, par des études, enquêtes, séminaires... La contribution à la vie culturelle, défense de la mémoire des martyrs et des principes fondamentaux pour lesquels ils se sont sacrifiés...". Cette demande d’agrément leur sera refusée par le wali le 14 juin 1984. Moins d’une année après, une campagne de répression sera lancée par le pouvoir. Plusieurs dizaines de fils de martyrs et militants berbéristes seront emprisonnés
Année 1984 : Le sous-préfet d’Azazga rejette la demande de passeport du chanteur Ferhat Mehenni. La cause évoquée est "l’avis défavorable des services de sécurité".
Un autre berbériste, Ramdane Achab, enseignant de mathématiques au CUID et enseignant de tamazight (enseignement non autorisé officiellement) a vu, lui aussi, sa demande de passeport rejetée le 6 août 1984.