Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :
Page :
67 / 78
Année 1990 : Un tract signé Mouvement culturel amazigh invite tous les militants berbères (individus, associations culturelles, partis politiques) à un rassemblement devant le Premier ministère le 25 janvier à 13 h. Cela en "vue, selon le document, d’exiger l’intégration de la langue et de la culture tamazight au sein de l’Université, c’est-à-dire la création d’instituts d’enseignement et de recherche en tamazight.
L’organisation de ce rassemblement suscite une polémique au sein des militants du MCB.
Année 1990 : Le Rassemblement pour la culture e la démocratie (RCD) s’oppose à l’appel du MCB pour 1e rassemblement devant le Premier ministère prévu pour 25 janvier 1990. Dans une déclaration intitulée "question amazigh : dépasser la confusion et prévenir les dérapages" le RCD qualifie l’appel d’anonyme puisqu’il ne porte aucune signature. Il se demande : "qui est effectivement derrière cet appel ? Un parti, plusieurs partis, une association ou des individus ? Comment s’appellent-ils ? Qui va prendre la parole ? Pour dire quoi ?".
Pour le RCD, il y a "trop de doutes, trop de manœuvres trop d’anonymat, trop de confusion" qui "accompagne l’action du 25 janvier".
Année 1990 : Les auteurs de l’appel du 25 janvier répondent individuellement à la déclaration du RCD par une autre déclaration signée MCB. Cette déclaration vient comme pour donner l’identification réelle des auteurs de l’appel du MCB au rassemblement. Ce sont les représentant des Commissions de wilaya issues de son 2e séminaire, des représentants de plusieurs associations culturelles ou civiles.
La déclaration précise que le MCB "ne donne aucune signification politicienne quant au choix du lieu de rassemblement".
Année 1990 : Une déclaration signée "Étudiants réunis en A.G. de l’université de Tizi-Ouzou" qui se réclament partie prenante du MCB, critique sévèrement l’attitude du RCD vis-à-vis du rassemblement prévu pour le 25 janvier 1990. Ces étudiants se disent "profondément indignés par l’attitude malhonnête, criminelle et calculatrice du RCD".
Ils appellent tous les militants sincères à "dénoncer énergiquement ce parti qui prétend détenir la paternité de la revendication tamazight".
A trois jours du rassemblement prévu par le MCB à Alger ; le ministre délégué aux Universités annonce la création d’un département autonome de la langue et culture tamazight
Année 1990 : Un groupe de dix enseignants de la langue et militants du MCB (Abdennour Abdeslam, Arezki Graine, Hakim Saheb, Mourad Bounab, Amar Amireche et Khaled Bouredine) rendent public une déclaration intitulée "la raison et l’instinct". Dans cette déclaration, ils s’opposent et se démarquent de l’appel au rassemblement du 25 Janvier et appellent les militants à un maximum de vigilance. Ils se posent les questions suivantes : "Puisque l’institut est acquis, pourquoi ce rassemblement ?
Aller au siège du gouvernement pour dire quoi ?
Quel est l’objectif réel de ce rassemblement ?
A qui profite ce rassemblement : est-ce à tamazight ou à des formations politiques ? Lesquelles ? Quelle est leur position (dans leur programme) sur tamazight ?".
Année 1990 : Des centaines de milliers de manifestants répondent à l’appel du MCB en prenant part au rassemblement devant l’APN (Assemblée Populaire Nationale) à Alger. Ils sont venus de plusieurs départements du pays, "infligeant ainsi un cinglant démenti à ceux qui voulaient régionaliser le mouvement".
Cette marche, prévue lors du deuxième séminaire du MCB (Commissions nationales) et dont le mot d’ordre était la réalisation d’un institut ou département de la Thamazight à Tizi-Ouzou, a confirmé l’enracinement du mouvement berbériste au sein de la population alors qu’on pensait "que derrière les trois initiales se cachait un mouvement d’élites restreint à l’université".
La réussite de la marche a malheureusement suscité, selon le rapport du MCB "des appétits politiques divers". côté du pouvoir d’abord, puis des forces politiques qui voulaient le récupérer et enfin de l’intérieur du mouvement, qui le plongent dans une crise dangereuse. La crise éclatera a grand jour le 20 avril 1990, au campus de Oued-Aïssi lors du gala de la commémoration du 10 e anniversaire du printemps berbère.
Année 1990 : première célébration officielle de Yennayer, le nouvel an berbère. Création des départements universitaires d'études berbères à Tizi-Ouzou et Bgayet.
Année 1990 : adoption par l'Assemblée d'une loi sur la généralisation de la langue arabe. 500.000 personnes défilent sous la bannière FFS contre l'intolérance et l'arabisation forcée.
Année 1990 : Le FIS remporte une large victoire aux élections municipales et régionales du 12 juin, premier scrutin libre depuis l’indépendance. Le général Khaled Nezzar est nommé ministre de la défense en juillet.
Année 1991 : La 1ere fois a Agadir les associations culturelles a revendication linguistique et culturelle Amazighes se sont réunis pour signer la charte d'Agadir. On peut parler de la naissance du mouvement nationale Amazigh au Maroc.