Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :
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Année 1993 : L’état d’urgence est prorogé pour une durée indéterminée le 7 février. On estime à 15 000 le nombre de personnes tuées en un an.
Année 1993 : Destruction de la trace Amazighe/berbere de Tunisie : le 5 juillet 1993 la loi no 93-64 du 5 juillet 1993 relative à la publication des textes au Journal officiel de la République tunisienne et à leur exécution, l'arabe est la seule langue utilisée lors des débats du Parlement, de la rédaction et de la promulgation des lois:
Article 1er
1) Les lois, les décrets-lois, les décrets et les arrêtés sont publiés au Journal officiel de la République tunisienne en langue arabe.
2) Ils sont publiés également en une autre langue, et ce, uniquement à titre d'information.
3) Les avis juridiques et judiciaires sont publiés au Journal officiel de la République tunisienne, conformément à la législation en vigueur.
Année 1994 : Un boycott scolaire massivement suivi en Kabylie, une année blanche pour toute la Kabylie. La grève du cartable.
Année 1994 : En août 1994, Hassan II avait prononcé un discours par lequel il promettait l’enseigner des "dialectes berbères" dans les écoles marocaines. Ce discours est resté lettre morte.
Année 1994 : En 1994, lors de la commémoration du 1er mai à Goulmima (Sud Est marocain), des militants Amazighs ont défilé avec des banderoles écrites en tifinagh (alphabet Amazigh) revendiquant la reconnaissance officielle des langues et culture Amazighes. Deux jours plus tard, le 3 mai 1994, sept d’entre eux sont arrêtés sur ordre du gouverneur de la province. Après perquisition de leurs domiciles, sont jetés en prison. Ils devaient, en effet, répondre des chefs d’inculpation suivants : "atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat", "incitation au dépassement des institutions" et "atteinte à la Constitution". Le 9 mai 1994, ils sont présentés devant la Cour d’Errachida. Le collectif de 74 avocats qui s’est spontanément formé demande leur libération sous caution. La demande est refusée, le procès reporté au 17 mai 1994. Les sept détenus entament avec succès une grève de la faim afin que leur soit accordé le statut de prisonniers politiques. Le 17 mai, le procès a lieu. Durant l’instance, les détenus ont catégoriquement refusé de s’exprimer en arabe. Le verdict, prononcé le 27 mai, prononce trois peines de prison et de lourdes amendes. A la suite d’une mobilisation massive du mouvement berbère, des organisations des Droits de l’Homme, les trois détenus politiques ont été libérés le 3 juillet et amnistiés par la Grâce Royale. Seulement, à la suite de leur libération, les autorités administratives ne leur permettent plus d’exercer leurs métier d’enseignants et ce, bien qu’amnistiés.
Année 1994 : boycott de l'école en Kabylie décrété par le MCB, "grève du cartable"
Année 1994 : accords qui aboutiront à l'acceptation de la langue tamazight à l'école algérienne en septembre 1995.
Année 1994 : Le général Liamine Zeroual est nommé aux commandes de l’Etat par le HCE. Apparition des Groupes islamiques armés (GIA), dont se démarque l’ex-FIS.
Année 1995 : Creation du Congrès Mondial Amazigh (CMA) est une Organisation Internationale Non Gouvernementale (ONG) regroupant des associations socioculturelles et de développement amazighes de Tamazgha (Afrique du Nord), et de la diaspora. il est né de la volonté des Imazighen (berbères) de se doter d’une structure de coordination et de représentation à l’échelle internationale, indépendante des Etats et des partis politiques.
Cette idée, vieille de plusieurs années, a été concrétisée les 1, 2, 3 septembre 1995 à St-Rome de Dolan (France) lors d’un pré-congrès qui a réuni une centaine de délégués d’associations amazighes, venus des pays de Tamazgha (Afrique du Nord), d’Europe et d’Amérique. Cette rencontre historique a donné naissance à une organisation internationale appelée Congrès Mondial Amazigh (CMA) dont le siège se trouve à Paris (France).
Année 1995 : Le gouvernement algérien engagea, en mars-avril 1995, des négociations avec certains leaders berbères. Un Haut-Commissariat à l'amazighité auprès de la présidence de la République fut créé par le décret du 28/05/1995.