Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :
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Année 1999 : le 2ème congrès du Congrés Mondial Amazigh qui a eu lieu les 13-14-15 août 1999 à Lyon (France), a été boycotté par plusieurs associations marocaines, algériennes et de la Diaspora. Les boycotteurs ont organisé un autre congrès à Brucelles. Ce sont les autorités judiciaires françaises qui vont résoudre le différents entre les deux congrès finalement.
Année 1999 : M. Abdelaziz Bouteflika remporte l’élection présidentielle avec 73,8 % des suffrages. L’opposition dénonce des fraudes massives. Le 6 juin, l’AIS proclame l’arrêt définitif de ses opérations. Le 18 août, le Mouvement algérien des officiers libres (MAOL), créé en 1998, appelle à poursuivre en justice les généraux « responsables de la tragédie » algérienne. La loi de « concorde civile » est approuvée par référendum, le 16 septembre, par plus de 98 % des voix.
Année 1999 : Le Roi Hassan II charge une commission d’experts, de syndicalistes et chefs de parti politiques de préparer la «Charte de la réforme de l'enseignement». Parmi eux bien sur des experts islamistes formés depuis 1979 par la même école qu'on leur demande aujourd'hui de réformer !. Après plusieurs mois de déplacements à l’étranger, de consultations, d’études et de benchmarking, le comité accouchera d’une proposition de réforme présentée comme une rupture avec les tentatives précédentes. Ambitieux, le programme a défini 19 axes d’intervention. 1999-2000 a été l’année de lancement des différents chantiers. Cinq ans après, le rapport revient sur les réalisations qui, lancent d’emblée les rédacteurs, «n’ont pas permis une transformation profonde du système d’éducation marocain». Pire. Dans certains cas, des dérives et des reculs sont soulignés. La course au quantitatif, le manque de moyens et de concertation, le désengagement des partenaires de l’enseignement, notamment les syndicats, les entreprises et les collectivités locales, la faible décentralisation... sont à l’origine de ce revers.
Année 1999 : Dans le manuel scolaire marocain de 3ème année secondaire 4ème édition 1999, on lit “Les juifs se considèrent comme le peuple élu qui a le droit d’asservir les autres. Cette croyance permet au juif de commettre tous les torts et tous les vices, comme la fornication, l’usure et le meurtre, mais à condition que ce soit contre des non-juifs. La même croyance autorise les juifs à envahir les autres peuples… Mais Dieu a révélé dans le Coran cette bassesse qui fait partie de la nature des juifs”. Tamazgha, terre de liberté de de tolérance est bien en mutation visible.
Année 1999 : à Tizi-ouzou devant une audience diverse dont Hanachi, Ait-Menguelet et les mere et soeur de feu Matoub Lounes, le president Bouteflika a prononcé un discours virulent : (debut de citation) "Il y a dans votre lettre cher ami, l'amazighe langue nationale. en ce qui me concerne, je n'ai absolument aucun complexe. (applaudissements). par contre, par contre, je me dois de vous dire, et poser une question: est-ce que l'amazighite c'est la kabylie? ou bien l'amazighite c'est les langues qui existent en Algerie? il y en a 13, il y en a 13 monsieur. alors je voudrais vous dire une chose. il n'y a plus de tabou amazigh, il n'y a plus de tabou amazigh, et je suis venu ici crever votre ballon de baudruche. si, si, et je dis bien si l'amazighite devait devenir langue nationale, elle ne serait jamais officielle, elle ne serait jamais officielle, je tiens a le dire. mais si elle devait devenir langue nationale, c'est par voie referendaire, c'est tout le peuple algerien qui va se prononcer ... (inaudible) (cris dans la salle) tout le peuple algerien.
oui monsieur. he ben si vous n'etes pas d'accord, c'est tant pis. c'est tant pis. c'est tant pis. c'est tout le peuple algerien. he ben ca ne fait rien (cris dans la salle). vous vous demasquez. vous vous demasquez. demasquez vous devant le peuple algerien. demasquez vous devant le peuple algerien. demasquez vous devant le peuple algerien. ou vous faites partie du peuple algerien ou vous ne faites pas partie du peuple algerien. Monsieur, je vous ai habitue a dire ce que je pense la ou je vais et je n'ai peur de personne. je n'ai peur que de Dieu. et je suis la pour servir l'Algerie et je ne suis pas la pour vous servir (ovation dans la salle)." (fin de citation)
Année 2000 : Un groupe de militant de la mouvance Amazigh ont adressé un manifeste au palais royale marocain qui lui demande la reconnaissance officielle de l'amazighité du Maroc, (mars 2000, manifeste Amazigh).
Année 2000 : TADA (Coordination nationale des associations culturelles amazighes du Maroc) créée le 5 février 2000 à Meknes s’est systématiquement vue refusée la délivrance de l’agrément administratif justifiant de la personnalité morale. Un communiqué de la même Coordination (TADA) daté d’avril 2002 signale cette situation.
Année 2000 : Un an avant le 11 septembre, les autorités marocaines on remplacé un manuel scolaire qui avait un théme sur le Jihad, sur lequel on lit par exemple le jihad est “une opération chirurgicale, qui doit viser uniquement le foyer de la maladie, et non pas les parties saines du corps. Ainsi, l’humanité pourra vivre en bonheur et en paix permanents” ; et plus loin on lit “Dieu a ordonné aux croyants de combattre les infidèles, pour purifier la terre de leurs souillures, jusqu'à ce qu’ils n’opposent plus aucune résistance”. Oussama Ben Laden n’auraient pas écrit “mieux”.
Année 2000 : Pour la première fois après 70 ans, Mr Abou Bakr Kadiri a reconnu, dans une interview avec le journal marocain « Al Ahdath Al Maghribia » du 12/04/2000: Comment a été falsifié le Dahir chérifien du 16 Mai 1930 d’un dahir Chérifien ou au moins « arabe » ou « colonial » a un Dahir Berbère. Il dit :" le dahir était le 16 mai 1930, c’était au moi d’été et tous les jeunes sont partis à la plage. Mr Sbihi est allé à la plage et a commencé à intimider un ensemble de jeunes, pourquoi ils se baignent alors que la Maroc est menacé dans son existence. Mr Sbihi était un jeune communicateur, entouré de quelques jeunes gens qu’il a réussi à convaincre de la gravité du Dahir Berbère. Ils ont commencé a réfléchir comment s’y opposer .. Une idée a été proposée comme quoi le colonialisme veut éliminer l'influence du roi, mais il y avait une objection à cette idée, parce que la majorité des marocains ne s’opposeront pas au Dahir pour cette raison. Après débats il y avait un consensus de dire que l’objectif du Dahir est de christianiser les marocains. «L'idée était un succès » Et comme ça un slogan a été inventé pour l’occasion qui devient par la suite le slogan du Dahir. Le slogan est « Oh dieu, ne nous sépare pas de nos frères Berbères » Fin de citation. Ici, Mr Abou Bakr Kadiri a dit la première vérité –et c’est très honnête de sa part- par contre il n’a pas dit le pourquoi le mot berbère dans cette histoire, puisque le Dahir a été signé par un roi arabe avec son entourage arabe de Fés et par un colon français, mais jamais par un Amazigh/Berbère? D’autre part, lorsqu’ils ont inventé le slogan « Oh dieu ne nous sépare pas de nos frères berbères » veut bien dire qu’avec le terme nous, ils s’identifient en dehors des Amazighs.
Année 2001 : Le jeune roi Mohamed VI et suite à un manifeste Amazigh qui lui a été adressé par son ex-professeur Mohamed Chafiq avec la signature d’environ 200 militants Amazighs, décide la création de l’Institut Royale de la Culture Amazighe (IRCAM). Cet institut a été un sujet de discorde depuis 1980 lorsque la parlement Marocain a voté à la majorité pour la création d’un institut nationale pour la culture Amazighe mais le ministre Istiqlalien Mr Azddine Iraki qui était au ministère de l’enseignement avortait le projet. Ce qui explique que le jeune roi, 21 ans après, décide le budget de l’institut du ressort du plais et non du budget de l’état.
C’est pour la première fois dans l’histoire du Maroc que Tamazight est reconnu langue nationale par les hautes instances de l’état. Sachant bien que deux ans avant, le 1er ministre de gauche El Youssfi avait déclaré au cours du congrès de son parti que Tamazight restera au stade des dialectes.