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SALIH' et H'AMIM Hérétiques berbères, qui se présentèrent comme prophètes et fondèrent, à partir du 10 eme siècle des religions inspirées de l'Islam C'est au l0ème siècle que fut fondé par les Berghwata, confédération de tribus masmoudiennes, installées dans l'ouest du Maroc, le premier royaume hérétique berbère. C'est la politique d'exploitation et d'humiliation menée à l'égard des Berbères par les gouverneurs arabes qui les poussa à s'allier d'abord avec les Kharéjites, hérétiques venus d'Orient, qui prêchaient, contre la prétention des Arabes à gouverner seuls, l'égalité des Musulmans, en dehors de tout critère social ou racial. Par la suite, les Berbères, pour mieux affirmer leur indépendance et leur aspiration à fonder une nation, voulurent se donner une religion propre. Ils n'abandonnaient pas entièrement l'Islam, mais ils le transformaient profondément de manière à l'adapter à leurs croyances et à leurs traditions. Profitant de la révolte kharédjite, les Berghwata prirent
les armes contre les Arabes, sous la direction de Maysara, un porteur
d'eau de Tanger. Leur roi, à l'époque, s'appelait Tarîf
Abû Salih' : c'est son fils, Salih' qui aurait fondé la nouvelle
religion, mais celle-ci fut gardée secrète pendant deux
générations. C'est son petit-fils Yunus qui la révéla,
en proclamant son grand père le Salih' al Mu'minîn, "le
vertueux d'entre les croyants", dont parle le Coran (sourate 66,
verset 4). Il prétendait avoir reçu la révélation,
en berbère, d'un livre qui contenait quatre-vingt sourates, portant,
comme le Coran, des noms de prophètes (Job, Jonas, Saül) ou
d'animaux (le coq, la perdrix, la sauterelle). En plus de ce livre que
l'on devait réciter à toutes les prières, Salih'
avait donné à son peuple un code de lois religieuses spécifiques
: le nombre des prières canoniques était de dix et non de
cinq comme chez les autres musulmans, le mois de jeûne n'était
ramadhan mais radjab, la prière publique avait le jeudi et non
le vendredi, la magie et la divination étaient autorisées
etc. Les interdictions alimentaires étaient plus sévères
que celles de l'lslam : Salih' interdisait les oeufs, les têtes
d'animauw licites comme le mouton, et la chair du coq, tenu pour un animal
sacré. Des historiens pensent c'est Yunus lui-même quia élaboré
ces doctrines. D'ailleurs, il s'en est fait l'ardent propagandiste convertissant
de force ceux qui refusaient l'hérésie. Les Musulmans orthodoxes,
Arabes Berbères, appelèrent à la guerre sainte contre
les hérétiques, mais ceux-ci, retranchés dans leur
territoire, ont pu se défendre et protéger longtemps leur
religion. Selon les sources arabes, il avait pour surnom Muh'ammad (il aurait donc eu un fils nommé ainsi) son père s'appelait Abû Khalaf Mann Allah. Quant au curieux nom de H'a Mîm, il est tiré du Coran, plus exactement des deux le mystérieuses, H. M., qui figurent à la tête de certaines sourates. Il appartenait à la grande tribu berbère des Ghomara et c'est dans cette tribu, plus exactement dans les environs de Tétouan, au Maroc, commença à prêcher vers 925. On ne connaît pas grand chose de la vie de H'a Mîm ni de sa religion. Les quelques renseignements dont nous disposons proviennent essentiellement de l'historien arabe AI Bekri, un auteur sunnite qui ne cache pas son hostilité à l'hérésie et qui, par conséquent, n'est pas objectif. H'a Mîm se prétendait prophète et se disait envoyé
par Dieu pour réformer la religion musulmane que les Arabes avaient
altérée. Il composa, en berbère, un Coran où
figure notamment, d'après Al-Bekrî, la profession de foi
suivante : "Il n ' y a de Dieu que Dieu...Je crois en H'a Mîm,
en Abû Khalaf et en Tangit" Abû Khalâf (ou Abû Yaklût) était le père de H'a Mîm et Tangit (ou Tanqit) sa tante qui était, toujours selon AI Bakrî, une magicienne. La soeur de H'a Mîm, Dadjdju ou Dâbbu, était également une magicienne et les fidèles sollicitaient son secours. H'a Mîm avait conservé les principales obligations religieuses de l'Islam comme la prière et le jeûne mais il transforma la plupart d'entre elles pour les conformer aux traditions des Berbères ou alors pour se distinguer des orthodoxes. Ainsi, il imposait le jêune annuel mais seulement les trois derniers jours du ramadhan et non le mois entier, la fête de la rupture du jeune n'avait pas lieu le jour de la rupture mais le lendemain. A l'inverse, H'a Mîm avait instauré un jeune hebdomadaire d'une demi journée le mercredi et d'une journée entière le jeudi. Le nombre de prières quotidiennes était réduit à deux: la prière du lever du soleil et celle du coucher. La zakat ou impôt légal sur la fortune étai fixée au dixième de chaque chose possédée. Le pèlerinage à la Mecque était supprimé. La consommation de viande de sanglier était autorisée, quant au poisson, il ne pouvait être consommé que si on l'égorgeait rituellement. Enfin, la chair des oiseaux, y compris celle des gallinacés, ainsi que les oeufs, jugés impurs, étaient prohibés. Une telle hérésie souleva l'hostilité des musulmans
orthodoxes, arabes et berbères, qui la combattirent. H'a Mîm
mourut d'ailleurs au cours d'un combat, en 928 ou 931. Sa religion lui survécut jusqu'au 11ème siècle,
date à laquelle ses adeptes furent convertis de force à
l'orthodoxie par les Almoravides.
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