
Pour les Coptes, le
« printemps arabe » s’est vite transformé en un « hiver chrétien », à
telle enseigne qu’il est possible de se demander s’ils pourront survivre
dans leur propre pays.
Les
6 à 10% d’Egyptiens coptes sont les ultimes survivants de l’ancienne
chrétienté égyptienne qui rassemblait quasiment 100% de la population
avant la conquête arabo-musulmane du VII° siècle.
Aujourd’hui, en dépit
des discours lénifiants de certains responsables politiques et
religieux, ils subissent un véritable apartheid. Ils sont en effet
considérés comme des étrangers, la fonction publique leur est de plus en
plus fermée et il leur est de plus en plus difficile de faire de la
politique, ou du moins de briguer avec une quelconque chance de succès
des mandats électifs.
L’actuelle
vague de violences anti Copte a commencé à Alexandrie, dans la nuit du
Nouvel An à l’église des Saints, quand une bombe explosa en plein
office, faisant 21 morts et 80 blessés.
Depuis
la chute du président Moubarak, la violence anti chrétienne a pris la
forme de véritables pogroms, les Coptes subissant des exactions
quotidiennes et plusieurs de leurs églises ayant été attaquées ou
incendiées.
Ce qui s’est
passé le dimanche 9 octobre au Caire marque cependant un tournant dans
la persécution que subit cette communauté. Ce fut en effet l’armée,
pourtant théoriquement gardienne de l’ordre et chargée de les protéger
qui a froidement massacré les manifestants coptes protestant contre
l’incendie d’une de leurs églises. Lançant dans une foule pacifique ses
véhicules blindés à pleine vitesse, elle broya 24 personnes et en mutila
200 autres. Face à ce massacre d’Etat les médias officiels ont menti,
faisant croire aux Egyptiens que les Coptes avaient attaqué l’armée,
laquelle s’était donc trouvée en situation de légitime défense.
Pourquoi de
tels mensonges, pourquoi de tels évènements ? La réponse est hélas
claire : le total échec du prétendu « printemps arabe » étant désormais
une évidence, les dirigeants officiels ou officieux de l’Egypte sont
dans une impasse politique, économique et sociale cependant que les
islamistes sont en embuscade. Ils cherchent donc un bouc émissaire afin
de tenter de lui faire porter la responsabilité de la situation. Les
Coptes vont donc jouer ce rôle...
La tragique
situation de cette communauté semble moins émouvoir le président de la
république française que les islamistes de Benghazi au bénéfice desquels
il a fait intervenir l’armée française…
Bernard Lugan 11/10/11