"Le festival
Timitar Signes et Culture"
Festival
ou manifestation ?
La première édition
du festival d'Agadir sous le theme "Signes et Culture Timitar"
s'est tenue du 7 au 11 juillet 2004. Un festival Amazigh qui a drainé
des centaines de milliers est désormais un succès après
l'échec du festival complètement moyen orient organisé
la même période et dans la meme ville il y a quelques années
par une chaîne de télévision arabe du Golf.
Agadir ne ressemble a rien au Maroc, la première ville touristique
où les restaurants présentent tous une carte allemande,
les blonds aux yeux bleus viennent y chercher le soleil et la mer, Agadir
un vrai club de vacances où la culture Amazigh reçoit
la culture du monde. Des musiques amazighes et les musiques occidentales
partout dans les restaurants toute l'année.
Timitar (signe en berbère, retranscrit en tifinagh sur l'affiche)
s'ouvre d'abord sur une conférence de presse à laquelle
le président de la région d'Agadir Aziz Akhennouch a parlé
de Timitar signes et culture comme " un festival où la culture
Amazigh invite la culture du monde " et de la nécessité
de promouvoir la culture Amazigh. Akhennouch remercie ses sponsors,
un budget de cette première édition tourne autour de 0,8
millions de dollars, dont 0,5 donnés par la Région et
un bon paquet par la société Afriquia de Aziz Akhennouch
lui-même.
C'est
20h du soir on attend le prince du Maroc pour inaugurer le séance
d'ouverture, des centaines de milliers sont déjà là,
la foule est calme, les policiers n'ont pas du travail a faire.
Mais la foule attend avec impatience les deux stars de la chanson Amazigh
et symboles de l'amazighité, le chanteur Idir de la kabylie et
Abdelhadi Iggut du groupe Izenzaren du Souss.
Le prince arrive, le festival commence et Idir monte sur scène
et lance un Azul pour saluer le publique, l'émotion a atteint
son apogée et le festival s'est retourné a une vraie manifestation
de revendication des droits culturelles et linguistiques amazighs.
Des banderoles sortent,
des slogans, des drapeaux amazighs, une marée humaine réclame
ses droits. Environ 30.000 personnes ou a vraie dire " manifestants
". On dirait Tizi-ouzzou dans une immense place d'Agadir. La marée
humaine scande :
"Le Tamazighte langue nationale sera officielle "
" mad ira dadda wmazigh ? tamazight a das tili "
" I-MA-ZI-GHEN, I-MA-ZI-GHEN "
Les forces de l'ordre
ne réagissent pas. Peur de créer un incident. La revue
Telquel N°135 édité au Maroc rapporte que le prince
Moulay Rachid n'a resté pas plus d'une demi-heure, " n'était
pas content de ce qu'il a entendu": a-t-on commenté ici
et là.
En quittant la scène, les slogans deviennent de plus en plus
forts et se réduisent a un seul " la constitution : Tamazighte
langue officielle ". Tout en sachant qu'au Maroc ses derniers temps
on parle de la révision de la constitution, le mouvement Amazigh
est le premier en avant-garde qui milite pour que la révision
de la constitution dans le but qu elle reconnaisse la langue Amazigh
comme une langue officielle a l'instar de la langue arabe et faire une
protection constitutionnelle a cette langue millénaire réprimée.
Par contre les islamistes pensent que le Maroc n'a pas besoin d'une
révision de sa constitution.
Après avoir caractérisé
la situation politique pour mieux comprendre pourquoi un festival se
transforme en manifestation, revenant a notre festival, là une
autre fois l'émotion, lorsque les deux stars de la chanson amazigh
Idir et Iggut qui ne s'étaient pas revus depuis les années
70 a Paris se jettent dans les bras l'un de l'autre sur scène
le publique perd conscience les larmes aux yeux : " Les deux grandes
villes de Tamazgha Agadir et tizi-ouzzou, séparée depuis
des années par les courants idéologiques panarabistes
qui veulent fondé au Sahara Amazigh une république Arabe,
retrouvent leur amitié historique " explique Iguider un
militant amazigh entouré dans un drapeau Amazigh (trois bandes
horizontales, une bande bleu qui symbolise la méditerranée,
suivi d'une bande verte symbole du nord de l'Afrique et une dernière
jaune symbole du grand désert de l'Afrique du nord le pays des
Touareg et tous ca avec une lettre Zed en Tifinagh continue a expliquer
notre ami Iguider) .
Cette fois ci le publique
devient fou, des milliers de bras en l'air montrant les trois doits
symbole de l'amazighité : Akal, Awal et Afgan (Terre, Langue
& identité, Homme) c'est a dire l'homme libre (l'Amazigh)
revendique sa liberté, sa terre et son identité.
Le pouvoir marocain et les courants idéologiques arabes et islamistes
dans les partis politiques ne peuvent plus faire de sourde oreilles
aux revendications identitaires Amazigh. Leur refus de reconnaître
une réalité et un droit le plus humain va mettre le Maroc
sur une poudrière.
M. elouazguiti
Agadir le 11/07/2004