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Le rapport annuel de la LADH sur la situation des droits de l’homme au Maroc, ANNEE : 2007 Prologue : En conformité avec ses objectifs consistant en la défense des droits de l’homme et participant activement aux efforts nationaux et internationaux pour rehausser leur niveau, la Ligue amazighe des droits humains (LADH) est bien décidée de toujours lutter et de continuellement dénoncer toutes leurs violations des droits de la personne. La publication régulière et annuelle des rapports détaillés sur la situation des droits de l’homme participe de cette stratégie, car notre jeune organisation croit fermement en leur utilité. Il va sans dire qu’ils permettent de bien ancrer la culture du respect des droits de l’homme dans les esprits et, en même temps, immortalisent avec les mots toutes les atteintes aux droits de l’homme. Même si leur importance est indéniable, les rapports, si exhaustifs qu’ils puissent être, restent toujours incomplets. Tellement il est difficile de rendre compte de toutes les facettes des violations des droits de la personne commises ici et là. Reste que la publication et la généralisation de cette pratique est inspirée, essentiellement, par l’esprit des conventions internationales portant sur les droits de l’homme Par ailleurs, le présent rapport essayera de faire la lumière sur la réalité des droits de l’homme au Maroc et, plus particulièrement, celle du peuple amazigh qui souffre de la discrimination et de l’exclusion à tous les niveaux. Il infirmera, ipso facto, toutes les allégations que le gouvernement marocain fait circuler dans les rencontres internationales où il est amené à intervenir. D’autant que 2007 est incontestablement une année noire, car marquée par des arrestations arbitraires dans plusieurs régions au Maroc. Pour le système judiciaire, c’est carrément une catastrophe. En raison de sa dépendance du pouvoir politique, et surtout du clientélisme et de la corruption qui y sont monnaie courante. Pour que la situation s’améliore, la LADH voit qu’il est plus qu’urgent : A)- Droits à la vie, à la sûreté, à la sécurité personnelle, et l’interdiction de la torture et de l’arbitraire dans l’exercice de l’autorité : °Les références internationales qui sous-tendent ces droits : √- Les articles 6 et 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; Le 10 janvier 2007 a connu de nombreuses violations de tous ces droits. Beaucoup de citoyens sont décédés (37 morts et plus de 15 cas d’avortements) en raison du froid, de la faim et surtout de l’incompétence des autorités à Anfgou, Tirghis, Tighdouin…dans la région du Moyen Atlas. La violence et l’arbitraire sont encore et toujours les seules réponses que les autorités ont à chaque fois qu’elles sont confrontées à la colère des citoyens. Le militant amazigh Abderrahim Echbihi l’a appris à ses dépens lorsqu’il a été sauvagement agressé par le Pacha de la ville de Tiznit. Il en va de même du journaliste El-Houssain Arejdal, le correspondant du journal Al-Ofouk Al-Jadid et de la radio MFM Souss, qui a été passé à tabac et mis aux arrêts pendant des heures par les autorités de Tiznit. Et ce en raison uniquement et seulement de ces activités professionnelles. En fait, il a eu le malheur de prendre les photos de la dispersion violente d’un sit-in pacifique des diplômés chômeurs devant le gouvernorat de Tiznit. En somme, tous ces droits sont systématiquement piétinés par les autorités même s’ils ont été ratifiés par le Maroc. Il est donc impérieux de traduire les responsables de ces multiples violations devant la Justice et permettre, enfin, l’égalité des citoyens, de tous les citoyens, devant les autorités judiciaires. B)- L’enlèvement : °Les références internationales qui sous-tendent ces droits : √- Les articles 9 et 10 de la Déclaration universelle des droits humains ; La LADH n’a enregistré aucune disparition tout au long de l’année 2007, mais elle reste toujours très inquiète du sort réservé à plusieurs disparus. La LADH note également l’omerta entourant les crimes commis dans le Rif et dans le Sud marocain pendant les années 56-57-58. De plus, les efforts de réconciliation avec la mémoire historique n’ont nullement englobé le Rif. Par voie de conséquence, les nombreuses victimes de cette région du Nord du Maroc n’ont jamais été indemnisées. C)- Droit à une justice équitable : °Les références internationales qui sous-tendent ces droits : √- L’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; Il va sans dire que la Justice est la pierre angulaire de tout Etat de droit. Pour ce faire, il faut impérativement qu’elle soit indépendante, transparente, impartiale, honnête et traitant tous les citoyens sur le même pied d’égalité. Cependant, la justice marocaine est à des années lumières de tout cela en raison de plusieurs travers qu’elle traîne indéfiniment : Il suffit de rappeler à ce propos le cas d’Iâzza Hamid qui a été enlevé, torturé et même violé le 31 mars 2007 (des attestations médicales à l’appui). Si le procureur du Roi à Tiznit a transféré le dossier au tribunal criminel sous prétexte de sa non compétence, celui d’Agadir l’a gardé et le garde toujours sans aucune justification. Une preuve une fois de plus de l’incapacité de l’institution judiciaire à protéger les simples citoyens contre la toute puissance de certaines personnes. Il en va de même de Me Ahmed Adgherni, victime d’une tentative d’assassinat ; sa plainte a toutes les chances de se perdre dans les méandres du système judiciaire marocain. La même chose peut être dite de Rekia Abouâli dont le scandale a défrayé la chronique et pour cause. Plusieurs juges y ont été impliqués, mais ils n’ont jamais été inquiétés. Bien au contraire, c’est Mme Abouâli qui a été arrêtée et mise en prison. Idem pour les avocats de Tétouan qui ont écrit leur lettre à l’histoire pour dénoncer la corruption et le népotisme de la justice. Au lieu de les remercier pour leur courage, ils ont été radiés du barreau des avocats. Comme cela ne suffisait pas, on leur a trouvé en même temps des crimes pour leur intenter des procès. Mais la LADH n’a jamais eu de cesse de les défendre. Même au moment où l’affaire battait son plein. Eu égard à tout cela, il appert donc au monde entier que le système judiciaire marocain est plus un instrument de vengeance qu’autre chose. On est très loin de la protection du citoyen, peu importe son statut social, comme c’est le cas dans beaucoup de pays de par le monde. D)- Liberté d’opinion, d’expression et de rassemblement : °Les références internationales qui sous-tendent ces droits : √- Les articles 18/19 et 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ; 2007 est une année de vaches maigres concernant la liberté d’opinion, d’expression et de rassemblement. - Le procès intenté au militant amazigh et président de l’association Ouzkan pour le développement, Abdelaziz El-Ouazani en raison de ces propos ( « il faut revenir à la période du ssiba où au moins les litiges sont réglés par la force ; ce dont ne sont nullement capables les lois d’aujourd’hui ») tenus lors d’un colloque sur les droits liés à la terre à Bouizakaren ; E)- Reconnaissance de personnalité légale : °Les références internationales qui sous-tendent ces droits : √- L’article 6 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ; Les services de l’état civil au Maroc et même à l’étranger continuent d’interdire les prénoms amazighs ; la LADH a reçu plusieurs plaintes à ce propos. F)- Détention politique : °Les références internationales qui sous-tendent ces droits : √- Les articles 9/10/18/19/20 et 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ; La LADH ne ménagera aucun effort pour exiger la libération de tous ces détenus politiques amazighs. A)- Droit à l’autodétermination : Les Amazighs n’ont pas de revendications territoriales et n’ont jamais été animés par des visées séparatistes pour la simple raison qu’ils constituent la majorité de la population marocaine. Ils étaient toujours les premiers à se mobiliser pour défendre l’unité et la stabilité du Maroc et même du Tamazgha. Toutefois, depuis l’avènement de l’Etat national, ils ont été massivement exclus sur tous les niveaux (économique, politique…) en raison de l’idéologie arabiste du pouvoir et la mainmise de quelques familles sur pratiquement toutes les richesses du pays. Comme si cela ne suffisait pas, les services des eaux et des forêts s’accaparent les terres des tribus amazighes comme c’est le cas à Achtouken Ait Baha, Aït Boufoulen, Lakhsas, Tiznit, Tafraout... Pour donner un semblant de légalité à ces injustices, l’Etat marocain n’hésite pas à faire appel à des lois et des dahirs datant de la période coloniale (1907/ 1913/1914/1917…). Plus grave encore, le gouvernement marocain dépossède systématiquement les gens de leurs terres ancestrales, souvent très fertiles, au nom de l’intérêt public. C’est le cas à Lferd dans la région de Lakhsas où un dédommagement pour le moins ridicule a été proposé aux propriétaires (1,5 dh le m2). N’oublions pas non plus les grandes sociétés qui sont entrées elles aussi en scène, aidées et soutenues bien évidemment par l’Etat sur les richesses minières et hydrauliques des autochtones dont les protestations sont systématiquement réprimées. Le cas d’Imouzzar Keder et Ben Asmim est certainement dans toutes les mémoires. B)- Application discriminatoire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques : Même si la constitution marocaine affirme l’égalité des citoyens, mais dans la réalité des choses les Amazighs sont discriminés sur plusieurs plans : C)- Droit dans l’éducation : Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à l'éducation. Ils conviennent que l'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité et renforcer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils conviennent en outre que l'éducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre, favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux, ethniques ou religieux et encourager le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent qu'en vue d'assurer le plein exercice de ce droit: a) L'enseignement primaire doit être obligatoire et accessible gratuitement à tous; Date : 2007-12-19 00:00:00 Auteur: LADH
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