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Humeur : Les Arabes dans l'impasse de la chaussure

Par : Moha Moukhlis

(Agraw Amazigh)

Le titre que j'ai donné à cet article ne relève pas de la rhétorique ; ce n'est ni une métaphore ni une hyperbole. C'est plutôt un constat confirmé largement par une réalité criante où le monde « arabo-islamique » donne l'image d'un monde en déréliction, en rupture avec l'histoire des nations qui avancent vers des lendemains prometteurs. Mon propos vise à en souligner les dérives et mettre en relief cette « mentalité arabe » et arabiste, apanage des dictateurs arabes, qui vit de fantasmes et de délires.

Je commencerai par un fait anecdotique porteur de significations arabes profondes : il s'agit de l'affaire du «cordonnier-journaliste » irakien arabe qui a jeté sa chaussure sur l'ex président américain lors d'une conférence de presse. Ce fait divers amplifié par les médias arabo-islamiques, est devenu pour le « monde arabo-islamique » un « événement historique » qui réanime « une tradition arabe » enracinée dans l'histoire arabe! C'est ainsi que la chaussure « arabe » est érigée en symbole de la Oumma et emblème de la nation et de la résistance « arabo-islamique » héroïque, face à l'hégémonie de l'impérialisme américano-occidental. La presse en a fait ses scoops. La chaussure est un moyen de résistance authentique. Comme en témoigne les propos du dictateur de Khartoum qui, devant une foule de citoyens embrigadés, hurla contre la décision de la Cour Pénale Internationale et ses juges : « je les écraserai tous sous ma chaussure », en tapant du pied.

C'est ce qui explique les multiples manifestations « chaussuriènes » organisées par la « rue arabe », soutenue par des dizaines de cordonniers-journalistes arabes qui étaient allés jusqu'à débattre de l'opportunité de troquer leurs plumes contre des chaussures. Plus efficaces et plus pragmatiques. Et dans la foulée de cette fièvre de la chaussure, d'autres corporations arabes, avocats, intellectuels, penseurs…se sont réunies pour examiner la « portée » populaire et historique de la chaussure ainsi que ses occurrences dans la culture « arabo-islamique ». Le « cordonnier-journaliste » a été promu au rang de héros arabe qui a pu laver l'opprobre ! Bagdad, qui vécu sous les bottes de Saddam, devint la capitale de la chaussure arabe. Sauf que toutes ses corporations et autres ligues arabes ont réalisé que la chaussure en question est d'origine occidentale, un produit manufacturé. C'est pourquoi ils exigèrent des potentats arabes la mise en place d'usines de chaussures locales pour satisfaire aux demandes pressantes de la « rue arabe », assoiffée de chaussures arabes.

L'histoire de la chaussure arabe ne s'arrêta pas là. D'aucuns visionnaires stratèges arabes pensèrent introduire dans les cours d'arabes, au sein des établissements scolaires, une leçon sur « la valeur de la chaussure dans la culture arabe ». Ils échafaudèrent des curricula hebdomadaire pour des exercices de tir à la chaussure pour les cours d'éducation physique. Certaines capitales arabes nourrirent le désir d'édifier un monument gigantesque dédié à la chaussure ; ouvrir des musées retraçant l'histoire et l'art de la chaussure arabe. D'autres proposèrent l'organisation d'un concours international arabe de poésie sur la chaussure pour édifier les générations futures. On fit recours, pour la mise en œuvre de ce projet civilisationnel, au savoir faire et à l'érudition des muftis, fkkih et autres Alim. Le projet fait l'objet d'un large débat et sera soumis à l'approbation de la Ligue arabe, occupée, pour le moment, par les chamailles arabo-arabes, chiito-sunnites, syrio-séoudiennes et egypto-iraniènnes...

Je passe pour évoquer d'autres faits témoignant de la décadence de la culture arabe et l'incapacité endémique de cette dernière à sortir de l'impasse. Les Arabes pensent être le peuple élu de Dieu (la meilleure nation envoyée aux hommes). Ils sont donc le centre du monde mais occupent le dernier wagon de la locomotive. Pardon, ils avancent au rythme des chameaux dans le désert arabe. Les Arabes étant élu, ils sont devenus sacrés. Leur langue aussi. C'est pourquoi leur culture rhétorique est une culture de défi et d'arrogance. Bien qu'elle s'envole, c'est une biche, dit un « adage » arabe marocain. L'impasse obnubile les Arabes et les rend têtus. D'où leur inclinaison au mensonge et à la contradiction flagrante. Ils affirment mener leur guerre contre l'impérialisme américain et se taisent sur les dizaines de bases de l'armée américaine installées sur leurs territoires : au Qatar, en Arabie Saoudite, au Koweït, en Irak… Les critères qui les motivent ne sont pas d'ordre humanitaires. Leur référence est d'abord raciale et sanguine : « Soutien ton frère (arabe) agressé ou agresseur ». La « rue arabe » inculte, « débilisée », aliénée, sert de caisse de résonance aux discours démagogique des leaders arabes: place aux vociférations, aux slogans, aux fusées en carton…qui permettront aux leaders d'accorder des entretiens fleuves historiques et tenir des logorrhées : la diarrhée linguistique.

A ce propos, je voudrais rappeler les images de troupeaux de la « rue arabe » brandissant les portraits de Saddam, qui finira pendu, la veille d'une fête. Et les mêmes images se reproduisent avec le satrape de Khartoum qui se livre, depuis sa condamnation, à des danses hystériques et à des mises en scène de cirque. Un ami me disait toujours ceci : dès que tu vois la « rue arabe » scander les slogans «avec notre sang, avec notre âme, nous te vengerons », saches que le glas du totem a sonné. Fait confirmé par la réalité. El Béchir est sur la bonne voie ! C'est de cette façon civilisationnelle que les Arabes continuent à dégringoler. Car pour avancer, ils reculent. Leur futur est dans le passé. Les plus aliénés basculent dans la dérive : l'Arabie saoudite, gérée par un gang de princes fantoches, est devenu une usine internationale de production et de promotion du terrorisme. De cette contrée wahhabite sont sorties les premières promotions de tueurs mondiaux. Au nom de Dieu. Pour parer à d'éventuelles contestations, les Arabes se réfugient dans la religion révélée. Pour cela, ils investissent dans un commerce hideux. Ils vendent à leurs peuples, abêtis, le rêve et l'hallucination : le paradis et les 72 vierges.

Au Maroc, face à la revendication amazighe, d'essence laïque et démocratique, le pouvoir est désemparé. Il œuvre aveuglément pour satisfaite les intérêts de l'Occident, particulièrement la France, au détriment d'une contestation autochtone qui sape ses fondements. Une manière désespérée pour gagner du temps. Car l'avenir du Maroc sera amazighe ou ne sera pas. La revendication amazighe confirme la déliquescence de l'arabité et de ses porteurs d'eau. Le monde arabe vit sa décadence. C'est une question de temps. Le Mouvement amazighe est serein. L'avenir lui appartient. Le jour des comptes adviendra.

Les Arabes et leur culture sont condamnés. La culture arabo-islamique a vécu. Sa « résistance » accélère sa décadence. Ce qui se passe au Soudan en est l'illustration. Au lieu de se désolidariser d'un tyran dictateur qui a misé sur un ethnocide au Darfour, les Arabes ont préférés (ont-ils le choix) naviguer contre le courant. C'est leur destin. Les amazighes ont toujours opté pour la justice et l'équité. L'Histoire les réconforte. C'est juste une question de temps.


Auteur: Moha Moukhlis
Date : 2009-03-24


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