C’est le quotidien libéral belge La Dernière Heure qui évoque l’incident dans son édition de mardi dernier. Jeudi, lors de son discours introductif au Festival international du film indépendant de Bruxelles, Joëlle Milquet, vice-Première ministre du gouvernement fédéral belge et ministre de l’Emploi et de l’Égalité des chances a choqué certains Marocains présents dans la salle. Joëlle Milquet n’a pas pratiqué la langue de bois, si chère aux mandataires politiques, en introduisant le film 18 Days sur la révolution égyptienne jeudi dernier dans la capitale belge.
En parlant couramment la langue de Shakespeare, la vice-Première ministre a tenu à faire connaître son soutien total aux révolutions tunisienne, libyenne et égyptienne. Et elle a ajouté que si le Maroc devait commencer demain un processus semblable, elle soutiendrait la révolution marocaine. Il n’en fallait pas plus pour susciter un malaise chez certains ou même provoquer l’ire d’autres participants. Choumicha, membre du jury et véritable star dans son pays, a réagi immédiatement aux propos d’un des membres les plus actifs du gouvernement belge. L’altercation a été vive entre la présentatrice et productrice de la Télévision marocaine et la mandataire belge alors que plusieurs spectateurs — choqués par les propos de Joëlle Milquet — quittaient la salle… Un témoin précise qu’au “début la discussion était courtoise” car “Choumicha voulait simplement comprendre pourquoi Mme Milquet avait dit ça, espérant visiblement qu’il s’agissait d’une boulette. Mais Mme Milquet s’est emportée, estimant que la star marocaine l’agressait. “La productrice marocaine n’a pas voulu commenter cet incident relégué pour elle parmi les anecdotes, une sorte d’épiphénomène de cette manifestation culturelle, mais d’autres Marocains présents au festival ne l’entendent pas de la même manière.” “Les propos de Mme Milquet m’ont choqué”, a déclaré l’un d’entre eux qui estime que de tels propos sont “déplacés” dans la mesure où elle n’est pas mandatée pour faire de telles déclarations alors qu’en tant que membre du gouvernement fédéral belge, elle devrait respecter l’obligation de réserve car elle “représente les gens qui ont voté pour elle”. “Nous sommes en plein processus démocratique et elle vient parler de révolution. Comment peut-elle oser faire un tel amalgame ? Nous sommes fatigués d’entendre des gens, surtout des Occidentaux, raconter tout et n’importe quoi sur notre pays. Nous ne sommes pas l’Égypte, nous ne sommes pas la Tunisie. C’est aux Marocains de décider. Nous n’avons de leçon à recevoir de personne.”
Mme Milquet, qui a quitté le 1er septembre la présidence de son parti, explique néanmoins qu’elle a pris brièvement la parole à la demande des organisateurs du Festival du film indépendant dont le thème cette année était les révolutions arabes.
“Je me suis limitée à dire pourquoi il fallait soutenir le cinéma indépendant et j’ai souligné l’importance des mouvements démocratiques. Je n’ai fait que reprendre la position officielle de la Belgique qui est d’ailleurs aussi celle de l’Union européenne”, a-t-elle déclaré.
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