
Le peuple de Tamazgha vient de célébrer le 91ème anniversaire de la bataille d'Anoual du 21 juillet 1921. Cette bataille dirigée par Mohamed Ben Abdel Krim al Khatabi (Molay Mohend), homme d'Etat et émir de la République du Rif et héro qui rappelle aussi les victoires de Dhar Obaran.
Mohamed Ben Abdel krim al Khatabi naquit en 1882 dans la tribu des Beni Ouriaghel, une des tribus les plus puissantes et les plus cultivées du grand Rif, où sa famille possédait une forte influence.
Après des études traditionnelles à Ajdir, Tétouan et Fès, il s¹installa en 1906 à Melilla où il avait travaillé en tant que journaliste au journal Telegrama del Rif, enseignant et juge. Devant les injustices du colonialisme exercées dans la région du grand Rif, Abdel Krim, ce veilleur de conscience des peuples opprimés, se souleva avec une armée de paysans rifains assoiffés d'indépendance et de liberté.
Les Espagnols qui désavoués par la défaite d'Anoual commencèrent à réfléchir sérieusement à l'évacuation de leur armée. Les Français et le Sultan Youssef les encouragèrent d'y rester pour venir à bout d'Abdel krim. Les deux puissances militaires, l'Espagne et la France, ainsi que le Sultan des Français, Sultan Youssef, avaient assemblé près de 600 000 soldats, tous corps confondus, une trentaine de généraux, dont les généraux Pétain et Franco. L'aviation franco-espagnole aurait utilisé entre 1925 et 1926, un gaz meurtrier conçu par les Allemands. Le Sultan Youssef avait parrainé une escadrille américaine, l'escadrille chérifienne, qui a pris part au largage des armes chimiques sur les populations rifaines.
Exilé, en 1947, au Caire où il a décliné toutes les offres venant des despotes maghrébins et des leaders des partis politiques qui ont trahi le projet de la confédération de l'Afrique du Nord. A sa mort physique, le président égyptien, Jamal abdel Nasser lui a organisé des obsèques dignes d'un grand chef d'Etat. Malgré l'embargo imposé sur la mémoire d'Abdelkrim, ce héros et plus que jamais visible dans toutes les manifestations de ces dernières décennies, beaucoup plus visible que ses fossoyeurs, Allal al Fassi, Hassan II…..
Cher peuple libre de Tamazgha, le 21 juillet, c'est la fête d'un grand souvenir. Je vous invite tous à entretenir ce souvenir pour rendre hommage à la mémoire de toutes les femmes et tous les hommes libres tombés pour l'indépendance, la liberté et la dignité de Tamazgha et en ayant au passage une grande pensée pour Moulay Mohand.
Vive Tamazgha fraternelle, libre et solidaire. Président de l'Assemblée mondiale amazigh : EL BATTIUI MOHAMED