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Les leçons de la pandémie


La situation que nous sommes en train de vivre aujourd’hui, suite à la propagation de cette pandémie, est similaire à celle des babyloniens, qui ont défié le Ciel en construisant une tour gigantesque qui leur serait une forteresse contre la différence et la diversité, et à fin de prendre connaissance des secrets divins. Ainsi ils ont mérité la malédiction divine qui les a dispersés par terre et qui a confondu leur langage afin que les uns ne communiquent plus avec les autres.
L’être humain, est-il donc en train de subir la punition d’un crime qu’il a commis contre la nature ou contre lui-même et les autres ? Pourquoi tout le progrès scientifique et technologique que l’Homme a accumulé se trouve, soudain, incapable de faire face à un virus microscopique ? Et pourquoi on voit les services sanitaires débordés, les économies à l’arrêt, les indices à la baisse, les âmes terrifiées ? S’agit–il d’un nouveau défi ? S’agit ’il d’une incitation de l’Homme à prendre conscience de sa petitesse, de la fragilité de ses systèmes et des limites de sa raison ?

Cette situation, contemplée profondément, ne pourra nous laisser indifférents aux leçons véhiculées par ce virus :


Première leçon : l’égalité


Il est à remarquer que cette pandémie n’a pas fait la différence entre l’homme et la femme, entre les jeunes et les vieux, entre les riches et les pauvres ou entre les noirs et les blancs. Elle a annulé toute distinction basée sur le sexe, la couleur, et la situation sociale. En effet l’égalité entre les humains est une vérité que l’homme n’a pas assimilé, ou plutôt, il n’a pas voulu la reconnaitre à travers des siècles, il évite ,par conséquent ,de se trouver en face à face avec elle. Jusqu’au moment où le coronavirus la lui a inculquée à contre cœur. Certains ont fait preuve d’égoïsme en se procurant, avec beaucoup d’avidité, des produits alimentaires, des infectants et des masques, sans penser à ce qui en résulte, entre autre, la privation des autres. D’autres ont ouvertement déclaré leur racisme quand ils ont pensé à essayer le vaccin contre l’épidémie en Afrique ! Qu’est ce qui fait que les uns méritent de vivre plus que les autres ? La couleur de la peau justifie-elle la folie de sacrifier des milliers de personnes ? A l’absence d’une conscience humaine qui nous oblige à reconnaitre cette égalité d’une manière effective, et face à la continuité de l’esprit d’exclusion qui consacre la supériorité des uns sur les autres, le coronavirus vient nous dire que les humains sont égaux , abstraction faite de toutes les considérations qui les distinguent. Ce virus, infiniment petit, a dit à un monde infiniment grand : soyez humbles, ne vous croyez pas supérieurs les uns aux autres.


Deuxième leçon : la nécessité de sauvegarder la vie


Dès que les autorités compétentes ont appelé à mettre en place un certain nombre de mesures préventives pour affronter la pandémie, les gens s’attroupent pour se procurer les produits essentiels et non essentiels en s’attendant au pire et pour échapper à la mort. Mais la logique de la supériorité des uns sur les autres, et les comportements égoïstes dont la foule a fait preuve dans les marchés et les boutiques, a montré que celle-ci a voulu préserver sa vie seulement, sans pour autant penser à la vie des autres. C’est parce qu’ils croient que leur vie est détachée de celle des autres. Ils continuaient à y croire jusqu’au moment où l’épidémie leur a appris que la vie des humains est un Tout qui est indivisible. Il est évident que lorsque le principe de l’égalité fait défaut, celui de sauvegarder la vie humaine subit certainement le même sort. Il s’est avéré donc que la vie de tous est en danger quand seulement certains sont atteints.

En plus, c’est le sentiment collectif de la nécessité de sauvegarder la vie humaine qui a été absent chez ceux qui continuaient à sous-estimer l’épidémie. Mais plus la contagion s’approche de leur entourage, ils commencent à prendre conscience du danger de la situation. En fait le véritable être humain est celui qui est frappé par le premier décès causé par l’épidémie au lieu de prendre le danger à la légère tant que cela n’affecte que les autres.


Troisième leçon : la liberté.


Le fait que la plupart des gens se plaignent de l’expérience du confinement et la considèrent comme un fardeau, prouve que la liberté est un droit essentiel voire vital. C’est un droit qui est, par conséquent, indiscutable. Cette expérience se présente comme une opportunité pour reconsidérer la liberté dont nous jouissons. C’est aussi une occasion pour penser à ceux qui l’ont perdue totalement ou partiellement. En plus, cette période sensible a déterminé les limites de la liberté des individus, surtout en ce qui concerne la diffusion des fausses nouvelles qui portent atteinte aux autres et sèment le désordre et la peur parmi eux.

Il est évident que le couvre-feu auquel les autorités compétentes ont eu recourt dans le monde entier, est une suspension provisoire de la liberté des gens, mais c’est une mesure qui vise à sauvegarder leur vie. Et c’est ici que le rapport entre la liberté et la vie se voit clairement : il n’y a pas de vie sans liberté comme il n’y a pas de liberté sans vie. Mais cette période de confinement est aussi une occasion pour inventer des formes de liberté, autres que celles liées aux promenades et au voyage spatial ;parmi ces formes que certains pourraient expérimenter, c’est le voyage spirituel à travers la méditation, la contemplation de soi et la révision de ses convictions, ses attitudes et sa vision du monde à la lumière de ces changements profonds.


Quatrième leçon : l’être et le disparaitre.


Cette épidémie est venue pour nous dire que la vie est soumise à la logique de l’être et le disparaitre. Cela veut dire que tout est et disparait .autrement dit tout a une fin. Il s’est avéré que tout le progrès scientifique et technologique que l’Homme a accumulé demeure fragile, du moment qu’il ne lui a pas permis de relever le défi qu’il s’est lancé comme l’être le plus fort, le plus intelligent. Apprendre cette vérité de l’être de le disparaitre, peut donc rendre l’Homme à la terre au lieu d’aller trop vers l’exploration du ciel. Il est maintenant évident que la vérité du ciel n’est pas assimilée par le déploiement de la raison seulement ,on a besoin du cœur aussi pour atteindre des vérités qui échappent à la démonstration logique et mathématique. On dirait que l’Homme ne dispose que de la raison pour atteindre la vérité ! il n’utilise plus tous ses sens, l’intuition, par exemple. Aujourd’hui, on voit l’Homme vivre hors de ses sens, il court après la réalisation des banalités qui ne lui assurent pas l’immunité psychologiques pour pouvoir gérer ce genre de crises. C’est pour cette raison qu’il est tombé victime de la peur ; il a peur de la faim, de la mort… Bref, il est emprisonné des pensées négatives destructives parce qu’il n’a pas développé un mental neutre.


Cinquième leçon : le rôle des lieux de culte :


La construction des lieux de culte est sans doute indispensable, parce qu’on ne peut pas priver les sociétés de leur pratiques religieuses, individuelles soient elles ou collectives. Mais la fermeture des mosquées ,des églises et des temples durant cette période de crise, doit nous inciter à nous interroger sur le rôle que ces édifices sont censés jouer au sein de la société. Leur rôle sera-t-il réduit à des prières ? Ou bien ils vont contribuer à construire une personnalité religieuse capable de saisir les leçons de cette étape,et à mettre en œuvre une expérience spirituelle humaine qui dépasse les frontières géographiques, ethniques et idéologiques qui a toujours été la cause derrière les détériorations qu’a connues la civilisation humaine.

Comment donc ces édifices peuvent –ils établir les valeurs humaines et universelles appelant au respect de la diversité et au vivre ensemble sur cette terre qui s’étend à tout le monde sans distinction aucune sur la base du sexe , la couleur ou l’appartenance géographique et ethnique ? Et comment peuvent –ils faire de l’Homme leur centre d’intérêt, qu’il s’agisse de sa dimension physique et spirituelle au niveau individuel , ou sa dimension sociale et relationnelle sur le plan collectif ?
Autant de questions qui nous préoccupent et nous invitent à y répondre à la lumière des changements profonds que nous vivons aujourd’hui sur tous les niveaux à fin de relever le défi en assimilant ces leçons pour construire une nouvelle tour dont le nom serait l’Etre humain.

Hassan EL MOUDEN,22 Avril 2020


Auteur: Hassan EL MOUDEN
Date : 2020-05-08


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