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Si Abram a réconcilié ses descendants arabes et hébreux, il a aussi ajouté une brique dans la construction de la mémoire du plus vieux peuple de la méditerranée


Par Moha Bouwawal, AmazighWorld.org
Date : 2021-01-06

Au Maroc, tout le monde retient dans sa tête que contrairement à beaucoup d’autres pays de la région - le Liban est cité en premier comme exemple- il est interdit de fonder un parti politique sur une base ethnique ou linguistique ou religieuse ou même régionale. Alors que c’est faux !

Le voile est fait tomber par les arabes du moyen orient à cause de leur méconnaissance de la réalité marocaine. En effet, deux politiciens Syriens Mr Kassem Saleh et Mr Safwan al-Qudsi  respectivement secrétaire général et président d’une organisation ethnique appelée « le congres général des partis politiques arabes » viennent de signer et publier un communiqué le 27 décembre 2020 mettant fin -tenez-vous bien- à l’adhésion du parti politique marocain des frères musulmans marocain, le PJD, représenté par son SG Mr Saad eddine Othmani, suite à la signature de ce dernier en tant que chef du gouvernement marocain des accords d’Abraham le 22 décembre 2020 à Rabat avec l’Israélien Meir Ben-Shabbat, chef  du Shin Bet, la sécurité intérieure israélien, concluant ainsi la reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël rompus depuis 2000.

Mr Kassem Saleh, le secrétaire général du Parti syrien national social (PSNS)
le congres général des partis politiques arabes
La signature des accords d'Abraham le 22 decembre 2020 à Rabat

Ce communiqué a fait une tache d’huile dans les réseaux sociaux marocains, choqués de découvrir que le PJD se considère un parti politique ethnique arabe, par la suite ne va défendre que les intérêts des arabes ce qui est loin de la réalité marocaine ! Le choc sera plus accentué en découvrant à travers cette organisation que tous les partis politiques du pays, de gauche comme de droite et sans exception aucune, y sont membres !!! Des partis politiques Arabes dans un pays qui ne se considère plus officiellement arabe depuis les révoltes populaires de 2011 où le roi du Maroc avait annoncé dans le discours du 9 Mars 2011 que la colonne vertébrale de l’identité marocaine est Amazighe. La nouvelle constitution marocaine a tenu à spécifier noir sur blanc qu’ils sont interdits les partis politiques ethniques et religieux. 

En effet, déjà quatre ans avant les révoltes populaires de 2011, cette histoire qu’au Maroc les partis politiques ethniques et religieux sont interdits est gravée dans l’esprit des marocains lorsqu’ils se sont réveillés un matin du lundi 6 août 2007 pour lire dans la presse nationale que le ministre de l’intérieur de l’époque Mr Chakib Ben Moussa a déposé une plainte demandant la dissolution d’un parti politique nouveau appelé le Parti Démocratique Amazigh Marocain (PDAM), fondé le 31/12/2005, pour violation de la loi organique gérant les partis politiques !

La fondation du parti PDAM

Les premiers qui vont applaudir cette action sont ces mêmes partis politiques découverts aujourd’hui faisant partie d’une organisation ethnique, qui sans exception aucune sont nés de l’idéologie arabo-islamique, autrement dit, à la fois ethniques et religieux. Mais les avocats du diable ont pris le relais pour expliquer au commun des mortels que même s’ils apparaissent ainsi dans les discours ils ne l’ont jamais ouvertement déclaré, comme la déclaré le PDAM dans son nom (Amazigh).

La majorité des marocains (es) ne savaient même pas si ce parti existait avant cette plainte. Ils  découvrent après qu’il a été fondé le 31/12/2005 et que selon la loi des partis politiques, si le parti ne reçoit pas dans une période de 2 mois maximum le refus de son dossier déposé auprès du ministère de l’intérieur, il est légal par la force de la loi. Mais le refuser sous quel prétexte légal ? il n y’a pas, puisque la loi organique gérant les partis ne s’intéressait pas avant a ce détail. Alors deux mois après sa création, une nouvelle loi sur les partis politiques est rédigée, déposée aux débats au parlement, puis voté et publiée dans le bulletin officiel le matin même du lundi 20 Février 2006. Un record législatif ! Dans cette nouvelle loi, on a ajouté deux articles importants :

Article 4 : Est nulle toute constitution d’un parti politique fondée sur une base religieuse, linguistique, ethnique ou régionale ou, d’une manière générale, sur toute base discriminatoire ou contraire aux droits de l’Homme. Est également nulle toute constitution d’un parti politique ayant pour but de porter atteinte à la religion musulmane, au régime monarchique, aux principes constitutionnels, aux fondements démocratiques ou à l’unité nationale ou l’intégrité territoriale du Royaume.
Article 6 : Les membres fondateurs d'un parti apolitique déposent, directement ou par un huissier de justice, auprès de l’autorité gouvernementale chargée de l’intérieur, contre récépissé daté, cacheté et délivré sur le champ, un dossier comprenant :
  1. Une déclaration de constitution du parti portant les signatures légalisées de trois des membres fondateurs et mentionnant:
    1. les prénoms, noms, dates et lieux de naissance, professions et domiciles des signataires de la déclaration ;
    2. le projet des dénomination, siège central au Maroc et symbole du parti ;
  2. Trois exemplaires des projets des statuts du parti et de son programme ;
  3. Des engagements écrits, sous forme de déclarations individuelles, d'au moins 300 membres fondateurs pour tenir le congrès constitutif du parti dans le délai fixé à l'article 9 ci-dessous.
Chaque déclaration individuelle, dûment revêtue de la signature légalisée de son auteur, indiquera son prénom, nom, nationalité, date et lieu de naissance, profession et domicile. Elle sera accompagnée d'une copie de la carte nationale d'identité, ainsi que de l'attestation d'inscription sur les listes électorales général. Les membres visés au paragraphe 3 ci-dessus doivent être répartis en fonction de leur résidence effective dans au moins les deux tiers des régions du Royaume, sans que leur nombre par région ne soit inférieur à 5% du minimum de membres fondateurs requis par la loi. L'autorité gouvernementale chargée de l'intérieur adresse une copie du dossier de constitution du parti au parquet du tribunal de première instance de Rabat, dans les 48 heures à compter de la date de son dépôt. Un extrait du dossier de la déclaration de constitution du parti est publié au « Bulletin officiel » à l'initiative de l'autorité gouvernementale chargée de l'intérieur.

Puisque tous les partis politiques déjà établis violent doublement cette nouvelle loi, l’ethnicité et la religion, alors les législateurs ont trouvé un issu intelligent c’est de donner une phase transitoire de 18 mois (qui prendra fin le 20 juillet 2007) et obliger tous les partis à faire des congres de réadaptation pour purification de leur document de tous ce qui fait référence à l’arabo-islamisme qui du jour au lendemain est hors la loi.

Et c’est ainsi que le parti de l’Istiqlal, le premier qui viole cette nouvelle loi, a fait son congrès le 11/01/2007 de réadaptation et ainsi de suite pour tous les autres partis, sauf un : le PDAM. Il n’a pas été autorisé à faire son congrès le 11/02/2007 à Marrakech. Il avait loué un lieu privé pour el congrès mais le matin ce lieu est encerclé par les forces de l’ordre !  Les congressistes ont tenu leurs travaux dans la rue, ce qui n’a pas été validé par les mêmes autorités !

Le congrés de readaptation du PDAM à Marrakech le 11/02/2007

Deux semaines après cette date limite, soit le 6/8/2007, le ministre de l’intérieur Mr Chakib ben Moussa porte plainte contre ce parti et demande sa dissolution en appliquant l’article 4 de la nouvelle loi sur les partis politiques !

Neuf mois plus tard, le 17/4/2008, la cour administrative de Rabat fait tomber son jugement définitif demandant la dissolution du parti PDAM.

Les militants du parti PDAM protestent devant al cours administrative de Rabt contre le jugement jugé abusive

Vu l’importance de cet article 4 pour l’état marocain sur le plan politique et sécuritaire, le même contenu a été ajouté à la constitution de 2011 dans l’article 7. 

Article 7 de la constitution: « Les partis politiques ne peuvent être fondés sur une base religieuse, linguistique, ethnique ou régionale, ou, d'une manière générale, sur toute autre base discriminatoire ou contraire aux droits de l'Homme. Ils ne peuvent avoir pour but de porter atteinte à la religion musulmane, au régime monarchique, aux principes constitutionnels, aux fondements démocratiques ou à l'unité nationale et l'intégrité territoriale du Royaume. »

Si cette histoire à tenir debout a gagné le terrain des médias, et si cette pilule a été fait avalée par la force des choses, il a aussi fait des frustrés, des marocains et des marocains qui ont vu leur droit d’exercer la politique est confisqué par un pur mensonge.

C’était en 2008, et en 2016 les anciens du PDAM et d’autres militants de la cause Amazighe vont initier une autre initiative de fonder un parti politique de référence Amazigh appelé Tamunt pour les libertés (l’union pour les libertés). Cette fois ci, sous la nouvelle loi qui pose plus d’obstacles administratifs par son article 6. Mais encore une fois cet espoir sera confisqué lorsque les autorités de la même ville vont interdire un meeting dans un lieu privé du comité préparatoire pour le décompte des dossiers exigé par l’article 6. Une plainte est portée dans le cadre des droits garantis par les libertés publiques, mais la cours d’appel a donné raison aux autorités dans son jugement du 23 Octobre 2019.

Tamunt le 4 juin 2016 à Marrakech
interdiction d'un meeting de Tamunt le 8 septembre 2018 à Marrakech

Un an plus tard, le 27 décembre en 2020, et grâce aux deux politiciens syriens précédents, on découvre que la Maroc fermait les yeux sur la violation de tous ses partis politiques bénis à la fois de la loi sur les partis et de la constitution. 

Alors au moins pour ça, les accords d’Abraham ont marqué une étape dans l’histoire des Imazighen ! La coïncidence de l’histoire a voulu que ces accords viennent au même mois de décembre de la fondation du seul parti politique qui avait espéré prendre en charge une cause appelée la cause Amazighe, qu’aucune organisation ne l’a pris en charge depuis l’indépendance à ce jour.

Si Abram a réconcilié ses descendants au moyen orient, arabes et hébreux, il a aussi permis d’ajouter une brique dans la construction de la mémoire du peuple le plus ancien de la méditerranée : le peuple Amazighe.



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