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Telghenja : un mythe hydrique dans la Béribérie/Tamazgha


Par AISSA JABBOUR, AmazighWorld.org
Date : 2022-04-06


Telghenja est une ancienne tradition, voire un rituel ancestral à caractère religieux et païen. Il s’inscrit dans la tradition berbère depuis la nuit des temps.

Le mot est composé de deux termes amazighs, Ttel et ghenja. Pour expliquer ce mot, nous avons deux interprétations, la première dit que le terme Ttel désigne « envelopper, entourer, enrober» et Ghenja signifie « la louche ». Quant à la seconde interprétation, le mot se scinde toujours en deux termes ; ttelgh et ghenja par le glissement du premier gh, il devient Ttelghenja. Ttelgh provient du verbe llegh « laper ». Alors que, ghenja renvoie toujours à la louche. Ce récipient est toujours présent dans le mot telghenja, parce qu’il y a la présence d’une louche portée par des femmes en chantant des chants relatifs à ce rituel, ainsi que la préparation d’un repas à base de couscous à la fin de cette pratique ancestrale. On peut dire aussi que le mot Ghenja peut-être il était le nom d’un certain Dieu dans la mythologie amazighe, parce que ce nom existait dans plusieurs légendes, de plus, le récipient qui portait ce nom est tellement sacré dans la société amazighe. Il est présent toujours dans les contes et les expressions amazighes sous la forme d’un élément à caractère sacré.


Ce rite rogatoire à caractère religieux est très répandu en Afrique du Nord et il est plus vivace et présent majoritairement dans les régions pré-désertiques. Cet évènement païen se célèbre pendant le retard de pluie, c’est-à-dire, la période de sécheresse.
Cette pratique sociale est sans doute l’unique moyen pour les anciens Berbères de solliciter la pluie à Anzar, Dieu de la pluie, en lui offrant une fiancée sous forme d’une croix couverte d’une guenille levée dans un bâton comme l’épouvantail que les gens portent dans le cortège auquel toutes les catégories d’âges devraient assister (enfants, vieux, vieilles, hommes, femmes). Ce convoi se faisait sous la forme d’une marche durant laquelle tous et toutes commençaient à chanter des chants relatifs à la pluie. Certes, femmes et hommes sont contents de participer à cet événement honorable en mangeant des plats de couscous et en sillonnant les ruelles des Ighremans (villages fortifiés) avec des chants extraordinaires. Cette façon de cérémonie nous dévoile la valeur précieuse de la femme dans la société. Cette fiancée se voit à travers ses oripeaux comme une femme contente mais pauvre en apparence, car ses haillons représentent la pauvreté de la terre qui attend l’eau chez Dieu Anzar. Il est à noter sans rentrer dans les détails de cette fête traditionnelle qu’après cette cérémonie ancestrale, la pluie ne tarde pas à tomber. On disait que lorsqu’il pleuvait après cette journée de rituel, que Dieu Anzar avait bien accepté la femme qu’on lui a offert et notamment quand il y a Tislit n unzar (Fiancée d’Anzar = Arc-en-ciel) on disait que la fiancée qui était avec des vêtements en lambeaux vient de porter enfin des habits colorés.


On peut dire que la tradition de Telghenja est l’équivalent de ce que l’on appelle dans l’Islam : Salat Listisqaa (prière surérogatoire collective en plein air pour invoquer la pluie). Seulement, cette prière est monotéiste et elle est relative à la religion de l’Islam. Le sociologue Merton donne l’exemple de la tribu des Hopis, qui se rassemble pour exécuter un rituel afin d’appeler la pluie. Ce rituel ne fonctionne pas évidemment, mais il a en revanche pour fonction latente de maintenir la cohésion sociale grâce à la réunion de la tribu. On peut dire brièvement que cette tradition est le seul espoir pour ces Berbères pour quémander la pluie à Dieu Anzar, ceci leur permet de cultiver, de paître leurs troupeaux dans les bons pâturages. La pluie est toujours l’élément essentiel des villageois que ce soit dans le cadre de l’agriculture ou l’élevage des troupeaux.
Sur la base de ce qui précède, Ttelghnja est une fête païenne qui appartient principalement à la communauté Amazighe. Elle est l’une des fêtes les plus répandues dans tous les coins d’Afrique du Nord comme celle du Nouvel an. Ttelghnja demeure toujours comme une fête qui se pratiquait encore dans les régions sèches.



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