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Ces données étant exposées
, nous pouvons maintenant réexaminer les rapports entre langue
et culture dans le cadre de Tamazight.
Nous avons vu que la culture forme un ensemble qui englobe
la langue , qui n’en est qu’une partie , et que le déclin de
la culture entraîne logiquement celui de ses parties dont la
langue.
Ce rapport entre langue et culture est inversé en l’espèce
de tamazight. C’est la langue qui forme , ici , un ensemble
qui englobe la culture qui n’en est qu’une partie dépendante. Dans ce cas bien particulier , et contrairement à ce qui a
été dit des rapports entre langue et culture , c’est la langue
qui produit la culture , la détermine et l’entretient. La grandeur
ou la décadence de cette culture est conditionnée par le rayonnement
ou le déclin de la langue dont cette culture est un sous – produit. Par conséquent , une atrophie de cette culture n’empêche pas
l’épanouissement de la langue , puisqu’elle n’est pas dépendante
de la première. Par contre , s’il arrive à cette langue de
mourir et de disparaître , toute la culture , qui en est un
dérivé , suivra et connaîtra le même destin. Voilà ce qui explique
pourquoi la langue amazighe s’est maintenue vivace et a sur
vécu aux « massacres » qui ont exterminé la plus grande
partie de la culture et de la civilisation amazighes.
Une langue qui se perpétué à travers des millénaires
sans écriture , sans armes , sans pouvoir et en dépit de facteurs
hostiles , n’est pas une langue ordinaire.
C’est une langue – culture , une langue – civilisation
, une langue – religion , une langue- peuple , une langue –
Etat , une langue – histoire , une langue – patrie…..
Dans l’ordre des priorités entre langue et culture ,
dans le cas de tamazight
c’est la première qui a la primauté , étant donné qu’elle est le
giron qui nourrit et protège la seconde , la condition qui rend
possibles l’existence , la reviviscence et la recréation de
cette culture.
Les implications pratiques de la prééminence de la langue
amazighe concernent les moyens à mettre en oeuvre pour préserver
ce qui reste de la culture amazighe , en reconstituer et en
revivifier ce qui a été perdu.
Etant donné que le linguistique détermine le culturel
, dans le cadre de tamazight , pour les raisons que nous avons
exposées plus haut , il s’ensuit que le seul moyen permettant
la promotion de la culture amazighe est la promotion amazigh
de la langue amazigh. C’est
- à – dire que la revalorisation de la culture amazigh
doit passer nécessairement par la revalorisation de la langue
amazigh.
L’enseignement de tamazight est la condition sine que
non de sa revalorisation et de sa promotion comme langue , ce
qui entraîne , par voie de conséquence , la revalorisation et
la promotion de tamazight comme culture.
Ce dernier point – la nécessité d’enseigner tamazight
pour promouvoir la culture amazighe – est très important et
mérite quelques remarques :
On entend , ces dernières années , des voix répéter ,
à chaque occasion , que « la culture amazighe est
un patrimoine national qu’il faut préserver et promouvoir »
, mais , quand il s’agit de l’enseignement de tamazight , comme
deuxième langue nationale , ces mêmes voix , habituellement
très loquances à propos de la culture amazighe , se taisent
dans un mutisme interlope mais révélateur , se montrant réticentes
et indécises , alléguant des pseudo – difficultés telles que :
quel tamazight faut – il choisir pour l’enseignement parmi les
nombreux « dialectes » en usage ? quelle
graphie adopter pour son écriture ? à qui doit – on l’enseigner
, aux amazighophones ou aux arabophones ? son apprentissage
sera – t – il facultatif ou obligatoire pour tous les Marocains ?
Ceci , quand ces voix ne rejettent pas avec toute franchise
l’idée d’enseigner tamazight.
C’est là une des contradictions qui trahit l’hypocrisie
de ceux qui feignent de défendre la culture amazighe , tout
en manifestant , rondement ou de façon allusive , de la « résistance »
au projet de l’insertion de la langue amazighe dans l’enseignement
C’est de la pure hypocrisie , car comment peut – on promouvoir
la culture amazighe si on n’enseigne pas la langue amazighe
qui détermine cette culture , qui en est la condition de vie
et de survie ?
Celui qui aime vraiment la culture amazighe doit aimer
d’abord la mère de cette culture , qui est la langue amazighe
, et doit surtout aimer la voir enseigner dans les écoles et
parlée par ses enfants.
Il est un discours qui traite de la culture amazighe
comme une entité antonyme et étrangère à la langue amazighe. C’est un discours fourbe et démagogique , qui s’ingénie à
réduire la culture amazighe , en la dissociant de sa mère la
langue , à une curiosité ethnographique et touristique. Voilà
pourquoi la question de l’enseignement de cours. Ce qui explique
aussi leur indifférence à la marginalisation de la langue amazighe
, une marginalisation qu’ils observent dans un silence complice
et approbateur.
Mais les Marocains savent faire la distinction entre
ceux qui s’intéressent à tamazight comme on s’intéresse à une
concubine , et ceux qui l’aiment comme leur mère.
fin
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